Vietnam - Les ravitalleurs




RAVITAILLEURS AU VIETNAM

 

 


La guerre du Viêt-nam permit aux Américains d'expérimenter des techniques qui sont utilisées couramment aujourd'hui par les forces aériennes modernes. L'une d'entre elles fut le ravitaillement en vol, dont le rôle fut essentiel au cours de ce conflit.

Le 9 juin 1964, quatre Boeing KC-135A Stratotanker du Yankee Team Task Force, une unité nouvellement créée, décollèrent de Clark AB, aux Philippines, en vue de ravitailler en vol huit North American F-100 Super Sabre engagés dans une attaque contre le Pathet Lao, au Laos. Menée deux mois avant l'incident du golfe du Tonkin, qui marqua le début d'une intervention massive des Etats-Unis en Asie du Sud-Est, cette mission fut la première qui ait jamais été entreprise par des citernes volantes du Strategic Air Command en appui direct d'une opération au Viêt-nam. Au départ, six avions avaient été détachés d'Andersen AFB (Guam), à Clark, pour assurer cette tâche. Cette formation et celles qui allaient lui succéder contribuèrent de façon majeure à l'effort de guerre américain en Asie du Sud-Est.

 


Ce n'était pas la première fois que des missions de ce type étaient conduites sur ce théâtre. Les Pacific Air Forces (PACAF) disposaient d'une flotte de ravitailleurs, en l'occurrence des Boeing KB-50J qui avaient été employés en soutien des avions d'appui tactique. Néanmoins, les KB-50J, appareils dépassés, étaient mal adaptés au ravitaillement de machines plus modernes comme les F-100, les F-105 et les RF-101. Basés à Kadena et à Yokota, au Japon, ces avions furent employés jusqu'en octobre 1964, époque à laquelle l'un d'entre eux s'écrasa au sol au moment du décollage. L'enquête menée par la suite montra que les KB-50J souffraient tous d'un phénomène de corrosion, si bien que la flotte entière fut interdite de vol. Le SAC devint ainsi le seul commandement de l'USAF à disposer de citernes volantes.

Cet organisme possédait déjà une certaine expérience en matière de ravitaillement en vol. Ses avions avaient soutenu des déploiements de chasseurs tactiques dans le Pacifique, dans le cadre de l'opération Lime Mike. Ils ravitaillaient également les RB-47H de reconnaissance basés au Japon, ces missions soutenues dans un premier temps par des Boeing KC-97, puis, par la suite, par des KC-135A. Elles se poursuivirent tout au long de la guerre, les RB-47 cédant la place aux RC-13S au milieu des années soixante. Le retrait du service des KB-50 et l'incident du golfe du Tonkin amenèrent le SAC à réviser sa politique et à accroître les moyens du détachement de Clark, qui avait été rebaptisé Foreign Legion.


Insigne du 901st Air Refueling Squadron

 

Les PACAF ayant besoin de plus de ravitailleurs, le SAC mit en place à Kadena, dans l'île d'Okinawa, une flotte plus importante avec un détachement opérant de Don Muang, en Thailande. Constitué le 12 janvier 1965, le 4252nd SW n'était rien d'autre qu'une antenne du détachement de Kadena, lequel, dans le cadre d'un programme désigné Young Tiger, effectua une première mission opérationnelle le 25 du même mois. En février suivant, lorsque les Boeing B-52 furent engagés dans une campagne de bombardements appelée Arc Light, les missions confiées aux citernes volantes se multiplièrent.

Les ravitailleurs furent tout d'abord chargés du soutien des actions du SAC ne concernant pas directement la guerre du Viêt-nam, en l'occurrence les reconnaissances. De telles missions étaient entreprises au-dessus de la Chine, de l'Union soviétique et de la Corée du Nord. Au cours des dernières années du conflit, des KC-135Q venant de Beale AFB furent chargés du ravitaillement des Lockheed SR-71 engagés dans ces opérations. Une autre facette de ces missions était l'appui des avions d'entraînement et le transport de fret.

Les autres tâches assurées par les citernes volantes du SAC furent le support des déploiements d'appareils dans le Pacifique, le ravitaillement des avions tactiques engagés au-dessus du Viêt-nam et l'appui des bombardiers utilisés dans les missions Arc Light.

Les B-52 effectuèrent une longue campagne de bombardements en Asie du Sud-Est, campagne qui culmina avec l'opération Linebacker II du mois de décembre 1972, qui contraignit les Nord-Vietnamiens à s'asseoir à la table des négociations. La nécessité de soutenir les bombardiers en route vers leurs objectifs amena les responsables du SAC à établir des trajectoires de ravitaillement près des Philippines. Les citernes en question opéraient depuis Kadena et Andersen, et la plupart d'entre elles regagnaient cette première base, tandis que quelques-unes se posaient à Clark. De là, elles étaient en mesure d'intervenir en cas d'urgence. Cette façon de procéder ne varia que très peu au cours de la guerre, à l'exception de quelques ravitailleurs qui séjournèrent un certain temps à Ching Chuan Kang AB.

 

 

Yonng Tiger

Les missions dites Young Tiger connurent, quant à elles, de nombreux changements. Une transformation importante survint le ler mars 1965 lorsque la force Foreign Legion fut dissoute sur sa base de Clark et donna naissance à la force Tiger Cub, qui s'installa à Don Muang avec quatre citernes chargées du soutien des PACAF. La proximité des bases thaïlandaises permit d'accroître de manière conséquente l'efficacité des missions de ravitaillement des avions tactiques engagés au-dessus du Viêt-nam du Nord. En novembre 1965, les effectifs de Tiger Cub étaient passés à dix appareils, dont six stationnaient à Takhli AB sous l'appellation de King Cobra. Au début de l'année 1966, plus d'une quarantaine de ravitailleurs en vol étaient basés à Kadena (parmi lesquels une trentaine étaient rattachés à l'opération Arc Light), quatre à Don Muang et dix à Takhli.

Deux des avions de Kadena furent expédiés par la suite à Andersen en vue de ravitailler d'urgence les bombardiers sur le chemin du retour.

Les besoins sans cesse croissants exprimés par les responsables de l'aviation tactique amenèrent le SAC à déployer cinq autres citernes à Takhli, et à créer, en août 1966, sur la base d'U-Tapao, le 4258th SW, équipé de dix appareils. Le ler février 1967, lorsque les avions stationnés à Kadena et à Don Muang y furent transférés, cette base devint le principal centre de ravitailleurs américain en Asie du Sud-Est. Une autre base de citernes volantes fut mise sur pied à Ching Chuan Kang AB, à T'ai-wan, d'où les KC-135 furent en mesure de ravitailler les avions tactiques opérant au-dessus du golfe du Tonkin et les bombardiers revenant vers leurs aérodromes. En janvier 1968, l'incident du Pueblo, au cours duquel un navire-espion américain fut capturé par les Nord Coréens, poussa les Américains à déployer une dizaine de citernes volantes à Taiwan. De là, les ravitailleurs de l'US Air Force auraient pu intervenir en appui des bombardiers de la force dite Port Bow qui auraient été envoyés sur la Corée du Nord en cas de conflit. A Ching Chuan Kang stationnaient également cinq KC-135A utilisés comme plates-formes de relais radio.

 


Les autres facteurs qui contribuèrent à accroître l'activité des ravitailleurs américains furent l'offensive du Tet de 1968 et les déploiements de chasseurs tactiques dans le Pacifique, liés à l'incident du Pueblo dans le cadre de l'opération Combat Fox. Les mois passant, les besoins se firent moins importants, et plusieurs ravitailleurs regagnèrent les États-Unis, l'utilisation de Ching Chuan Kang comme base de citernes volantes cessant en novembre 1970.

Cette réduction des opérations de ravitaillement en vol ne fut freinée qu'au début de l'année 1972, lorsque l'offensive américaine sur le Viêt-nam du Nord relança l'activité aérienne. En février, le SAC déploya de nombreux bombardiers en Asie du Sud-Est dans le cadre de l'opération Bullett Shot, ce qui amena les citernes volantes à accroître le nombre de leurs missions. L'augmentation des opérations menées par le SAC s'accompagna d'un accroissement des sorties d'avions tactiques dans le cadre de l'opération Constant Guard. Les ravitailleurs se faisant de plus en plus nombreux sur les bases thaïlandaises, l'aérodrome de Don Muang fut réouvert aux tankers en juin 1972. Sept autres citernes vinrent à Korat AB, si bien que, au milieu de l'année 1972, la flotte de KC-135A en Asie du Sud-Est atteignait cent quatorze appareils répartis entre U-Tapao (46), Clark (28), Takhli (20), Don Muang (13) et Korat (7). Les cinquante-huit autres avions de ce type étaient basés à Kadena en soutien des missions Arc Light.

 

 

Problèmes météorologiques

A cette époque, les avions engagés dans les missions Young Tiger avaient recours au procédé de ravitaillement en vol Flying Boom, mais quelques appareils basés à Korat utilisaient un système qui leur permettait de ravitailler les plates-formes de guerre électronique Douglas EB-66. La flotte des citernes volantes de l'US Air Force était confrontée à bien d'autres problèmes, notamment les conditions atmosphériques déplorables qui régnaient dans cette région. Les pluies torrentielles qui tombaient aux Philippines obligèrent les responsables à déployer des appareils à Ching Chuan Kang. Le nombre des sorties atteignit son apogée en septembre 1972 et diminua graduellement, à l'exception d'une brève résurgence lors de la campagne Linebacker II, deux mois plus tard. En juin 1973, cent quatre citernes stationnaient en Asie du Sud-Est sur les bases d'U-Tapao, de Kadena et d'Andersen. En mai 1974, il n'en restait plus que trente-sept, et les dernières missions furent conduites en mai 1975 au moment de l'incident du Mayaguez. Le 21 décembre suivant, dix-sept KC-135 encore présents en Thaïlande quittèrent le pays pour soutenir des A-7 Corsair II en route pour les Etats-Unis.

Tout au long de leur séjour en Asie du Sud-Est, les citernes volantes américaines s'étaient distinguées par leur fiabilité, leur complète disponibilité et par l'abnégation de leurs équipages, qui intervinrent partout où la nécessité se faisait sentir. Parmi les nombreuses anecdotes au cours desquelles ces appareils se signalèrent, deux au moins doivent être retenues. Le 3 mai 1967, un KC-135 parvint à sauver deux Republic F-105. L'un des pilotes de deux chasseurs bombardiers était sur le point de s'éjecter lorsque le Major Lewis, chef de bord d'une citerne volante, le contacta. Piquant vers le chasseur, le KC-135 le rejoignit et commença à déverser son carburant au moment même où le moteur de l'avion en difficulté s'éteignait. Le pilote parvint à le rallumer et à regagner sa base.

 


Un autre sauvetage, unique celui-là, intervint le 31 mai 1967 lors d'une mission conduite par le Major Casteel. Un ravitaillement de routine de deux F-104 de l'US Air Force effectué par l'avion de cet officier fut interrompu par un appel de détresse de deux Douglas A-3 Skywarrior de la Navy à court de carburant. Les deux appareils venaient d'être ravitaillés lorsqu'un appel à l'aide de deux Vought F-8 parvint à la citerne volante Les deux chasseurs de la marine purent être approvi sionnés à leur tour. Mais, cette opération avait à pein pris fin que deux McDonnell Douglas F-4 réclamèren la présence d'un avion ravitailleur. Dès qu'ils eurent reçu du carburant, ils cédèrent la place à des F-104. Quand il se posa à Da Nang, le KC-135A de Casteel n'avai plus à son bord que 4 530 kg de carburant. Il avait ravi taillé huit avions en un laps de temps très court et opér le transfert de 22 635 kg de carburant.

Une telle adresse et un tel professionnalisme des équi pages de KC-135 n'avaient d'équivalents que la fiabilit et la sécurité de ces appareils. Opérant à des masses trè élevées, au milieu de conditions atmosphériques parfoi catastrophiques, les KC-135A ne perdirent que cinq de leurs au Viêt-nam, dont un en dehors de la zone d'opérations. Trois avions furent détruits au décollage et deux à l'atterrissage.

 

 

Les statistiques montrent bien quelle contribution ce avions apportèrent à l'effort de guerre américain en Asi du Sud-Est. Entre le 9 juin 1964 et le 15 août 1973, 1a flotte de KC-135A effectua 124 223 sorties pour 1e compte d'avions tactiques et 70464 autres pour 1e compte du Strategic Air Command (40 882 pour Arc Light, 5 802 pour Combat Lightning et 23 780 pour d'autres tâches). L'année la plus chargée fut 1972, avec 34 728 sorties. Le nombre de ravitaillements en vol effectués au cours de ces sorties fut de 813 878 (756 970 pour des avions tactiques et 56 908 pour le SAC). Au total, 4 068 millions de kg de carburant furent transférés.

Bien qu'il constituât l'épine dorsale de la flotte de ravitailleurs américains au Viêt-nam, le KC-135 ne fut pas le seul avion de ce type expédié en opération. Des Lockheed HC-130P ravitaillèrent des hélicoptères HH-3E et HH-53C engagés dans des missions de sauvetage. Ils permirent d'accroître de manière importante l'autonomie et le rayon d'action de ces machines utilisées dans des tâches qui les conduisaient loin au-dessus du territoire ennemi. Ils servirent aussi à ces occasions de poste de commandement aéroporté.

 


De son côté, la Navy, soucieuse d'assurer son autonomie dans ce domaine, affecta des citernes volantes aux unités qu'elle déploya en Asie du Sud-Est. Pendant les premières années du conflit, des conversions de l'A-3B Skywarrior furent employées en soutien des avions d'attaque et d'appui, un élément étant rattaché à chaque squadron d'attaque (VAH) à bord d'un porteavions. Ces appareils furent remplacés par des machines spécialisées, comme le KA-3B, qui disposait d'un carénage sous fuselage équipé d'une perche télescopique. Ces avions jouèrent un rôle primordial, notamment lorsque l'US Navy lança des raids au-dessus du Viêtnam du Nord. Les KA-3B opérèrent non seulement depuis les porte-avions de la flotte, mais aussi à partir de la base de Da Nang.

 


Citernes volantes électroniques

Une autre conversion du Skywarrior, l'EKA-3B TACOS, vint ensuite épauler la force de KA-3B. Les EKA-3B possédaient non seulement un équipement complet de ravitaillement en vol, mais aussi des systèmes de contre-mesures électroniques. Détachés par leurs squadrons d'appartenance (VAQ) sur les porte-avions, ils prirent part à de nombreuses opérations. La Navy employa également des appareils dotés de nacelles de ravitaillement en vol, notamment des Douglas A-1 Skyraider, des A-4 Skyhawk, des Grumman A-6 Intruder et des A-7 Corsair II. Le Skyhawk se révéla particulièrement adapté à cette tâche, spécialement quand il fut utilisé à partir de porte-avions de petites dimensions. Avec l'arrivée de l'USS America, en avril 1970, apparut une version de ravitaillement en vol spécialisée de l'Intruder, le KA-6D, qui équipait le VA-165. Les appareils de ce type possédaient une perche sous l'arrière du fuselage et étaient rattachés aux unités d'attaque. Utilisés en soutien des raids aériens, les KA-6D devinrent rapidement une composante organique des grands porteavions de la Navy. Outre ses propres appareils, la marine américaine fit appel à de nombreuses reprises à des KC-135A du Strategic Air Command.

Le dernier service à employer des avions de ravitaillement en vol fut l'US Marine Corps, qui avait sa propre flotte de Lockheed KC-130F. Volant au sein du VMGR-152, à partir d'Okinawa, et de certains détachements du VGMR-353, ces appareils furent utilisés en soutien direct des avions engagés sur le Viêt-nam du Nord ou venant des États-Unis. Ils appuyèrent les avions d'attaque qui, opérant depuis la piste trop courte de Chu Lai, ne pouvaient emporter qu'une faible quantité de carburant. Parmi les autres missions confiées aux Hercules ravitailleurs de PUSMC figura le transport de charges lourdes. A l'instar de la Navy, cet organisme se dota également de KA-6D qui lui permirent de bénéficier d'une plus grande souplesse d'emploi.

Tout au long du conflit en Asie du Sud-Est, le rôle du ravitaillement en vol fut capital, en raison des distances à franchir et des charges de bombes qu'emportaient les avions d'attaque et les bombardiers lourds. Les équipages des citernes volantes de l'US Air Force, de l'US Navy et de l'US Marine Corps, qui furent souvent ignorés, prirent une part prépondérante dans cette guerre non seulement en sauvant des centaines de vies, mais aussi en évitant que des avions coûtant des millions de dollars aillent s'écraser dans la jungle ou s'abîmer en mer. Les capacités d'action des forces aériennes américaines au-dessus du Viêt-nam du Nord dépendirent essentiellement de ces équipages.

 

 

 

OPERATIONS ARC LIGHT

L'Opération Arc Light consistait en un déploiement de bombardiers B-52F en 1965 en tant que bombardiers conventionnels sur la base de Guam. Par extension, les missions Arc Light ou Arclight fut le nom de code attribué aux missions mettant en oeuvre des B-52 pour le soutien tactique des opérations au Nord Vietnam.

En 1964, l'USAF commenca à entraîner les équipages de ses bombardiers stratégiques à utiliser des munitions conventionnelles. Sous la désignation de projet Big Belly, tous les B-52D furent modifiés afin de pouvoir emporter 30 tonnes de bombes conventieonnelles et tous furent déployés à Guam et en Thailande. Les bombardiers déployés dans le cadre des missions Arc Light devaient assurer le bombardement des bases logistiques ennemies, les concentrations de troupes et les voies d'approvisionnement.

La première utilisation des bombardiers lourds en Asie du Sud Est devait avoir lieu le 18 juin 1965. Décollant à partir de la base d'Andersen à Guam, 27 bombardiers utilisèrent des bombes de 375 kg et 500 kg pour attaquer les sancutaires Viet Cong. Au cours de la mission, deux B-52F furent perdus suite à une collision aérienne et un autre ne parvint pas à se ravitailler. Les appareils volaient par formations de 3 avions et pouvaient être appelés en support direct d'unités en difficulté. Ils larguaient leurs bombes depuis une altitude de 30 000 pieds, privant les équipages de toute indication quant aux dommages provoqués. Les B-52 seront des armes redoutables aux effets dévastateurs. Ils seront notamment employés pour détruire le reseau de tunnels construits par les Viet Cong tout autour de Saigon.

Les missions Arc Light continueront jusqu'à la fin des opérations aériennes, le 15 août 1973. Entre juin 1965 et aoput 1973, es B-52 réaliseront 126 615 sorties. 31 appareils seront perdus dont 18 du fait de l'ennemi et 13 pour des causes opérationnelles

 

 

 

 

Sources :

Avions de guerre numéro 104 ; le combat aérien aujourd'hui : Editions Atlas 1988

 

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