Vietnam - Opéreation Bolo




OPERATION BOLO

 

L'Operation Bolo fut l'une des plus fameuses batailles que se livrèrent les américains et les Nord Vietnamiens au-dessus de du territoire Vietnamien. Elle devait se dérouler le 2 janvier 1967, au cours de l'opération Rolling Thunder, offensive menée par les Forces Aériennes des Etats-Unis pour tenter de briser l'effort de guerre Viet Cong et Nord Vietnamien dans le but de ramener ceux-ci à la table des négociations.

 

 

Au début de l'année 1967, le F-4 Phantom II est opérationnel au sein de l'United States Navy depuis 6 ans, et au sein de l'USAF depuis 1964. Dernier appareil entré en service, le F-4 est un appareil puissant, très manoeuvrable, et une excellente plateforme de tir dotée de 8 missiles air-air. Toutefois, l'armement du Phantom souffre d'un défaut majeur, à savoir l'absence de canon interne, l'appareil ayant été conçu comme appareil de protection des bombardiers stratégique devant détruire les intercepteurs éventuels avant même que ceux-ci ne soient à portée visuelle à l'aide de missiles guidés par radar. Par ailleurs, le F-4 est un appareil imposant aux ailes volumineuses dont les performances à grande vitesse en matière de maniabilités se trouvent réduites. Enfin, ses moteurs surpuissants produisent une importante trainée qui le rend visible de très loin aux yeux de l'advsersaire. L'armement du F-4 consiste alors en missiles AIM-7 Sparrow et AIM-9 Sidewinder. Alors que l'AIM-9 est un missile à courte portée, l'AIM-7 est un missile à longue portée, normalement utilisée à longue distance avec un guidage radar. Toutefois, les règles d'engagement de l'époque interdisant le tir en l'absence de confirmation visuel du caractère hostile de l'adversaire, ses aventages s'en trouvaient anihilé. Les deux missiles présentent à cette époque de nombreux problèmes de mise au point engendrés par les conditions particulières qui règnent en Asie du Sud Est. De fait, la fiabilité des missiles et leur efficacité au combat s'en trouve considérablement réduite avec un taux de réussite particulièrement faible.

 

 

Le premier advsersaire du Phantom en combat aérien était le Mikoyan-Gurevich MiG-21 ‘Fishbed’, un petit intercepteur de construction soviétique , rôle dans lequel il sera parfaitement utilisé par la VPAF. Armé de deux missiles Vympel K-13 (Plus connu chez les américains sous la désignation OTAN de missile "Atoll"), le MiG-21 disposait de grandes capacités d'accelération, de grandes qualités manoeuvrières à haute altitude et à grande vitesse grace à son aile fine et de petite taille. Dans de très nombreux domaines, il surpassait ainsi aisément son principal adversaire de l'époque, le F-105 Thunderchief, et ceci dans tous les domaines du vol. De petite taille, le MiG 21 était plus difficile à détecter, repérer et caler dans son viseur. Typiquement, les MiG-21 menaient des attaques surprises à grande vitesse avant de s'enfuir, guidés par des opérateurs au sol (Ground Control Intercept - GCI). Leurs attaques visaient principalement les formations de bombardiers plus vulnérables et incapables de se défendre efficacement et profitaient de leur grande vitesse pour s'échapper avant que les intercepteurs américains n'interviennent. Loin de traduire un manque de courage des pilotes Vietnamiens, cette tactique visait avant tout à limiter les pertes compte tenue de la grande disproportion des forces en présence, les Nord Vietnamiens ne disposant que d'une très petite flotte d'intercepteurs à haute performance. Par ailleurs, le but recherché était avant tout d'empécher les bombardements d'avoir lieu et d'obliger les bombardiers à larguer leurs bombes avant d'avoir atteint leurs objectifs respectifs. Les MiG 21 devaient remporter leur premier succès en octobre 1966. En décembre, ils abattirent 2 F-105 et forcèrent 20% des bombardiers engagés dans des missions d'attaque à larguer leurs bombes avant l'objectif. A l'époque du déroulement de l'opération Bolo, la disposait de seulement 16 MiG-21.

 

 


La menace des MIG

Les agiles MiG-21 de la Force Aérienne Populaire du Vietnam et leur tactique d'attaque éclair conduite par des controlleurs au sol ne tarda pas à poser de sérieux problèmes à l'état-major des Forces américaines, constituant un nouveau défit à relever pour les pilotes. Compte tenu du caractère régulier des attaques américaines menées selon des procédures identiques, il était facile pour les chasseurs Nord Vietnamiens de prévoir où et quand il pourraient s'attaquer aux formations U.S. permettant à une force d'à peine 15 appareils de se montrer particulièrement efficace. L'US Air Force comptait essentiellement sur les missiles pour abattre les chasseurs ennemis mais contraints par des règles d'engagement complexes, il leur était difficile de prendre l'avantage sur l'ennemi. Si les MiG-21 constituaient de véritables menaces pour les Phantoms, il constituaient une menace encore plus grande pour les chasseurs-bombardiers F-105 Thunderchief chargés de bombes et devant attaquer des cibles en territoire Nord Vietnamien dans le cadre de l'opération Rolling Thunder.

L'"Operation Bolo" fut mise sur pied dans le but de tendre un piège aux nouveaux MiG 21. Depuis octobre 1966, les F-105 avaient été équipé d'une nacelle radar QRC-160 qui leur permettait de faire face avec efficacité à la menace des SAM. Toutefois, la mise en place de cet équipement sur les euls F-105 avait conduit au déplacement de la menace sur les Phantom qui pour leur part n'étaient pas doté de ce système de contre-mesures encore trop rare. Les règles d'engagement que devaient appliquer les F-4 à l'occasion des missions MIGCAP de protection des bombardiers pendant toute la durée de la mission avaient été modifié en décembre 1966. Afin de limiter les pertes de F-4, ceux-ci devaient se tenir à distance des sites de SAM connus, privant ainsi les F-105 de leur protection. Du coup, le nombre des interceptions par les MiG connu une forte hausse. Bien que les pertes aient été limitées à deux F-105 en décembre, il ne faisait aucun doute que la situation pouvait rapidement se dégrader aux vues des circonstances. La destruction des bases aériennes sur lesquelles étaient stationnés les MiG ne pouvant être entreprise en raison des restrictions imposées par Washington en ce début d'année 1967, le commandant du 8th TFW, le Colonel. Robin Olds proposa d'organiser une ambuscade afin de faire basculer l'équilibre de la menace au profit des Etats-Unis.

 

 

Robin Olds

Le Colonel Robin Olds est alors commandant du 8th Tactical Fighter Wing et un As expérimenté qui a obtenu 12 victoires en combat aérien au cours de la seconde guerre mondiale contre la Luftwaffe. Pilote charismatique, il est envoyé en Asie du Sud-Est afin de remotiver les pilotes de Phantom et d'accroître les performances du 8th TFW. Cinq jours après son arrivée à Ubon, le 8th TFW perd un F-4C, abattu par les missiles d'un MiG-21, la première perte perte enregistrée dans de telles circonstances depuis le début de la guerre. Compte tenu des 2 autres Phantoms perdus en combat contre des MiG au cours des 2 semaines qui avaient précédé son arrivée au Vietnam, Olds devait trouver une ambiance particulièrement négative à son arrivée et un moral au plus bas (Seulement deux Phantom avaient été précédemment perdus depuis avril 1966), tout en étant convaincu de la capacité des équipages à reprendre le dessus sur les pilotes de MiG 21 et mettre ainsi un terme à la supériorité aérienne des Nord-Vietnamiens au-dessus de leur territoire. Son idée pour l'opération Bolo était relativement simple : elle consistait à imiter le vol de F-105 chasseurs-bombardiers à l'aide de F-4 armés de missiles et équipés de nacelles QRC-160 et ainsi d'obliger les pilotes de MiG à engager un combat rapproché duquel Olds était covaincu de sortir vainqueur.

Plannification de l'opération Bolo

Afin de plannifier la mission contre les MiG 21, Olds s'entoure d'un quatuor de 4 jeunes officiers expérimentés ; Cpt Stone John B, 1st Lt. Joseph Hicks, 1Lt Wetterhahn Ralph F, and Maj. James D. Covington. Afin d'obtenir le plus haut degré de sécurité possible, les pilotes concernés par l'opération ne seront informés des détails de la mission que le 30 décembre, limittant ainsi au maximum les risques d'indiscrétion.

Les 2 groupes de 7 F-4C impliqués dans la mission (Groupe Ouest et Groupe Est) proviennent respectivement du 8th Tactical Fighter Wing d'Ubon et du 366th Tactical Fighter Wing basé à Da Nang Air Base, dans le Sud Vietnam. Les appareils de la Force Ouest sont chargés d'imiter une formation de F-105 d'attaque alors que la formation Est, volant à basse altitude est chargée de formr une barrière face aux intercepteurs venus du Nord Vietnam et de Chine. La task force est aussi mobilisée et doit fournir une formation de 6 F-105 chargés de détruire d'éventuelles batteries de SAM. La veille radar de tout le secteur est quant à elle assurée par un College Eye EC-121, et les contre-mesures électroniques sont réalisées par un EB-66s, lui-même escorté par 4 F-104s du 435th TFS d'Ubon.

 

 

Les plannificateurs de l'opération estiment alors que si les MiG réagissent, leur autonomi maximale sera de 55 minutes. L'arrivée des deux formations de F-4 sur la zone de combat est décallée de 5 minutes afin de permettre d'augmenter la durée du combat et de disposer de quelques minutes pour intercepter les dernier MiG 21 qui tenteraient de regagner leur base par manque de carburant. La mission est aussi plannifiée de telle sorte qu'aucun autre appareil US se trouve dans le secteur, permettant ainsi à tous les pilotes US de ne se soucier de l'identification d'aucun appareil tiers qui serait alors systématiquement consiféré comme ennemi et engagé en tant que tel.

Toute la mission reposait sur le postulat selon lequel les MiG allaient mordre à l'hameçon et décolleraient pour intercepter les "faux" F-105. Si les MiG ne décollaient pas, la mission devrait être annulée. Afin de tromper les controlleurs Vietnamiens, le parcours choisi est identique à celui emprunté par les F-105 de même que les paramètres de vol, vitesse et altitude. Le ravitaillement des appareils s'effectue aussi selon les procédures employées par les Thud et même les indicatifs radio des appareils engagés sont choisi selon les critères en vigueur au sein des groupes de chasseurs-bombardiers (A la consternation de Olds, les indicatifs utilisant le nom de marques automobiles continueront à être utilisé tout au long de la guerre pour désigner les formations chargées des missions MiGCAP, offrant ainsi aux controlleurs Vietnamiens de précieuses indications: Olds, Ford, Rambler, Lincoln, Tempest, Plymouth, et Vespa.)[. Les F-4 furent équipés de nacelles QRC-160 permettant ainsi de reproduire la signature électronique des Thud. Enfin, la formation de vol employée par les F-4 reproduisait à l'identique celle des F-105, en ligne de front, formation destinée à optimiser la protection fournie par les pod de CME. Les nacelles avaient été monté sur l'un des pylones destiné à recevoir le réservoir supplémentaire ce qui entraînait une aymétrie du vol en raison de la présence d'un seul réservoir sous une aile (asymétrie plus marquée au décollage avec une tendance à virer du coté de l'aile porteuse du réservoir en raison du poids et de la traînée supplémentaire).

 

 

Le plan original est présenté au Gen. William Momyer, Commandant de la 7eme Air Force, le 22 décembre 1966. Momyer approuve le plan, auquel est attribué le nom de code "Bolo", du nom d'une machette utilisée au Philippines dans les arts martiaux et dont l'apparence ne ressemble pas au premier abord à une arme jusqu'à ce que celle-ci révèle sa vrai nature, refermant le piège sur l'assaillant. Car s'était bien là le but de la manoeuvre, faire approcher les MiG à portée de tir des F-4 afin de les descendre pendant que ces derniers pensaient toujours se diriger vers des F-105 plus vulnérables.

Le Col. Olds also chargea son équipe en charge de la maintenance de son appareil d'inspecter soigneusement celui-ci, de nettoyer et de réparer tous les équipements indispensables à la mission, une tâche qui devait prendre plusieurs jours. Dès que les F-4 furent équipés des nacelles QRC-160 de Contre Mesure Electronique, , la date de la mission fut fixée... la 1 janvier 1967.

 

 

Déroulement de la mission.

En raison du mauvais temps, la mission est repoussée de 24 heures. Le départ est donné à Ubon en début d'après-midi après qu'un autre retard ait repoussé e déclenchement de l'opération. Le Colonel Olds prend alors la tête de la première formation et arrive sur l'aérodrome de Phuc Yen à 15 h 00, heure locale. Volant au Sud Est, les F-105 pénètrent au Vietnam par le point d'entrée habituel des F-105. La formation ne rencontre aucune opposition, et Olds constate qu'une couche nuageuse couvre le sol, rendant impossible l'observation des MiG au décollage. Sans que Olds ne le sache, Les controlleurs Nord Vietnamiens ont retardé le décollage des intercepteurs d'environ 1 quart d'heure en raison de la couche nuageuse qui couvre les aérodromes. Olds inverse alors sa course et prend la direction du Nord Ouest. Après 3 minutes de vol pendant lesquels il maintient le silence radio, et alors que la formation Ford se trouve dans le secteur, Olds ordonne d'armer les missiles. Alors que la section Ford arrive sur le secteur, les premiers MiG émergent des nuages.

La première attaque est lancée alors que la seconde formation de F-4 vient de pénétrer dans la zone de combat. La section de Olds largue immédiatement ses réservoirs supplémentaires, enclenche la post-combustion et engage le combat avec 3 MiG 21 qui semblent émerger des nuages en ordre dispersé. En fait, les 3 MiG avaient été séparés en deux groupes, le premier devant émerger des nuages dans les 6 heures de la formation adverse et le dtroisième appareil devant émerger dans les 10 heures de la formation américaine pour lui couper la route. Chacune des formations américaines engagées ce jour là indiqueront avoir eu affaire à la même tactique de la part des Nord-Vietnamiens.

 

 

Olds 02, piloté par le 1Lt Ralph F Wetterhahn (WSO 1st Lt. Jerry K. Sharp), remporte la première victoire en abattant un MiG 21 avec un missile AIM-9 Sidewinder alors que Olds 01, piloté par le Colonel Olds (WSO 1st Lt. Charles C. Clifton),tire trois missiles qui refusent de partir ou n'atteingnent pas leur cible. Olds indique :

La bataille a commencé lorsque les MiG sont sortis des nuages. Malheureusement pour moi, le premier d'entre-eux émergea dans mes 6 heures. Je pensais qu'il s'agissait plus d'un hasard que d'une tactique plannifiée par le controlleur au sol. Dans les minutes qui ont suivi, d'autres MiG sont apparus et sortirent des nuages en différents endroits. Je fus chanceux ! La section qui se trouvait derrière moi avait vu le MiG et tenta d'attirer son attention. Je dégageais vers la gauche brusquement pour m'éloigner de sa ligne de tir, espérant que mon ailier spourrait s'occuper de lui. Au même moment, un autre MiG sort des nuages, effectuant un large virage qui l'amène dans mes 11 heures à une distance de 2000 yards (environ 1800 mètres). Il plongea de nouveau dans les nuages et je tentais de la poursuivre.

Un troisième ennemi apparu dans mes 10 heures, volant de la droite vers la gauche, c'est à dire presque à l'opposé de moi. Le premier MiG s'est éloigné et j'ai engagé la post-combustion pour me placer derrière ce nouvel ennemi que je venais de repérer. J'ai effectué un virage en montée à 45° afin de me placer dans son virage. Il tournait vers la gauche, et j'ai donc poussé le manche la droite tout en montant. Grâce à cette manoeuvre, je me suis retrouvé au-dessus de lui, sur le dos. Je restais dans cette position jusqu'à ce que le MiG ait fini son virage calculant le temps écoulé de telle sorte à me placer derrière lui et lui tomber dessus avec un angle de 20° et une distance d'environ 1400 mètres. C'est exactement ce qui se passa. Il ne se rendit jamais compte de ma présence. Me retrouvant légèrement dessous et derrière lui, je distinguais parfaietement sa silhouette au moment de tirer mes deux Sidewinder. L'un d'eux toucha sa cible et déchira l'aile droite du MiG.

 

 

La manoeuvre verticale, plus cnnue sous le nom de "vector roll," avait placé son Phantom au-dessus du MiG-21 en virage. Lorsque celui-ci avait achevé sa manoeuvre, Olds s'était lancé à sa poursuite et avait tiré deux AIM-9 Sidewinder. Un d'entre-eux avait touché l'aile droite du MiG qui était parti en vrille avant de disparaitre dans les nuages. C'était la seconde victoire de la bataille. A peu près au même moment, Olds 04, piloté par le Capt. Walter S. Radeker III (WSO 1st Lt. James E. Murray III), fit l'acquisition d'un MiG lui même à la poursuite de son leader. Il manoeuvra pour engager le combat conservant en permanence l'accroche radar nécessaire à un tir dès que l'occasion se présenterait. Tirant un premier Sidewinder, celui-ci se dirige tout droit vers le MiG qui est touché au niveau de l'arrière, provoquant un départ immédiat en vrille. La section de Olds vient de remporter 3 victoires sans perte mais son niveau de carburant l'oblige à quitter le secteur pour aller se ravitallier.

Section Ford

La section Ford, dirigée par le Commandant en second du 8th TFW, le Colonel Daniel "Chappie" James, Jr. arrive sur zone à 15 h 05, heure locale, juste au moment où les MiG commencent à émerger des nuages. James prévient alors immédiatement Olds. Bien qu'il ne parvienne pas à abattre lui-même de MiG, HJames est témoin de la victoire obtenue par son ailier, le Captain Everett T. Raspberry (WSO : 1st Lt. Robert W. Western)

"A 15 h 04, ma section est attaquée par 3 MiG , deux dans nos 10 heures et 1 à 6 heures. Tout d'abord, je ne devais pas voir le premier parce que j'étais concentré sur ceux qui arrivaient en face. Mon WSO m'informait alors de l'approche du dernier MiG qui se trouvait maintenant à portée de tir, de mes ailiers Ford 3 et Ford 4. J'hésitais un moment avant d'interrompre l'attaque que j'avais commencé contre les deux appareils qui arrivaient de front parce que j'avais vu la section de Olds passer en-dessous de nous quelques instants plus tôt. Je pensais que l'appareil qui avait été repéré par mon Officier Système d'Armes pouvait être l'un d'entre eux. Malgré cela, j'ai brutalement effectué un virage brutal à gauche puis à droite apercevant enfin le troisième MiG. J'ordonnais alors à mon numéro 3 et mon numéro 4 de virer à droite. Alors qu'ils s'executaient, Le MiG effectua un virage à gauche et pour une raison mystérieuse se mit à voler pendant quelques instants à côté de moi. Nous étions si prêt que je pouvais observer son visage. Je commençais alors un tonneau afin de ralentir et de me placer dans ses 6 heures et de lâcher un Sidewinder une fois en position. Le missile ne parvint pas à toucher sa cible car le MiG effectua un virage serré à gauche et parti à toute vitesse. Malheureusement pour lui, en effectuant cette manoeuvre, il se pace dans la ligne de tir de mon numéro 2, le Captain Everett T. Raspberry. Je lui ordonnais de poursuivre le MiG car de mon côté les deux autres MiG étaient désormais dans mon secteur. J'étais en position avantageuse et je tirais so deux AIM- contre les appareils en succession rapide, avant de virer pour couvrir mon ailier, le Captain Raspberry. […] Je continuais à descendre derrière le Captain Raspberry et je me rappelle que je pensais qu'il n'était pas à la distance optimale pour faire feu. Mais il effectua un tonneau qui le ralenti et augmenta la distance avec son poursuivant lui permettant ainsi de tirer son AIM-9 qui toucha la partie arrière de l'habitacle du MiG-21"

Ainsi, alors que la section Ford arrivait sur les lieu de la bataille, le Col James, préoccupé par la présence des deux autres MiG approchant de la section Ford par l'avant, fut attaqué par un troisième appareil. Après avoir effectué un tonneau qui le place en position de tir, son missile manqua sa cible, permettant à son ailier de reprendre la poursuite et d'abattre l'vion à l'aide d'un missile tiré derrière le cockpit. Après que Ford 02 ait obtenu sa victoire, la section Ford devait quitter le secteur avec une victoire à son actif, sans perte.

Rambler flight

La section Rambler, la troisième à croiser dans le secteur, était dirigée par le Captain John B. Stone (WSO 1st Lt. Clifton P. Dunnegan, Jr.),l'oficier tactique de l'Escadre et l'un des concepteurs de la mission Bolo. Lorsque la section Rambler débute l'engagement, Stone intercepte une pair de MiG sortant des nuages. Il pique et tire un AIM-7 Sparrow, qui quitte sa rampe de lancement sans se mettre à feu. Stone tire alors un second missile qui se dirige avec succès vers l'un des deux MiG. Reérant un troisième MiG derrière lui, il coordonne sa manoeuvre avec son ailier et conduit le chasseur ennemi dans la ligne de tir du Major Philip P. Combies (Rambler 04) (WSO : Lt. Lee R. Dutton). Il décrit la suite :

"Nous volions à 13,440 pieds (4,800 meters) à 540 knots. Après avoir réalisé un virage vers le Nord Ouest, nous avons identifié une patrouille de 4 MiG 21 en formation rapprochée à une distance d'environ 8 km - à 2 heures et un peu en-dessous de nous. Deux autres MiG apparurent à une distance de 3 km - derrière. . . . Lorsque les MiG passèrent devant l'avion de Stone, celui-ci commenca à les poursuivre virant à gauche et perdant de l'altitude. De fait, le reste de la section se trouvait à droite, et je me retrouvais moi-même à droite et au-dessus de tout le monde. Je mis les gaz au minimum au cours de la première phase du combat. Bientôt, les MiG virèrent sur la gauche et l'engagement commença. Je choisis l'un des MiG et l'accrochais au radar. Je ne pense pas que nous ayons dépassé 4 G durant l'intégralité de l'engagement et je décidais de suivre la tactique d'engagement des pilotes de la Navy - c'est à dire à distance de tir radar mais tout en gardant un contact visuel. Lorsque je parvisn à me mettre en position de tir, j'appuyais sur le bouton de mise à feu, relachais puis tirais à nouveau, et attendais. Je n'ai jamais vu le premier Sparrow. En revanche, je suivais l'intégralité de la trajectoire du second depuis sa rampe jusqu'à l'impact. J'avais tiré le missile à une distance inférieure à 2,000 yards (1800 mètres) et à une altitude de height 9,800 pieds (3,500 meters) au cours d'un virage à gauche. Le second missile avait touché l'arrière de l'appareil ennemi. Quelques secondes plus tard, je voyais une boule de feu orange se diriger vers le sol.

Quelques secondes plus tard, un autre MiG-21 passa devant Rambler 02 avant d'être détruit par un Sparrow tiré par son pilote, le 1Lt Lawrence Glynn (WSO 1st Lt. Lawrence E. Cary).Touché de plein fouet, l'appareil explose. Il s'agit alors du troisième appareil abattu par la section Rambler, portant le total des victoires à 7 contre 0 perte en faveur des F-4. Le tir de 5 missiles SAM commence à menacer la section Rambler qui décide de quitter le secteur. Le combat aura duré au total 12 minutes.

La quatrième et dernière section de la 8th TFW arrive alors que le combat se termine et quitte le secteur en raison de la menace des SAM, alors que la météo annonçait des conditions défavorables au-dessus du Nord Vietnam. Deux des unités de la force Ouest basée à Ubon avaient du abandonner la mission pour des problèmes techniques et seulement 26 des 56 appareils prévus pour la mission y participèrent réellement. Sur ces 26 appareils, seulement 12 devaient engager le combat avec l'ennemi.


LES EQUIPAGES VICTORIEUX DU 2 JANVIERS 1967

Squadron
Indicatif
Commandant de bord (1)
Pilote
Arme
555 TFS
Olds 2
AIM-7
555 TFS
Olds 4
AIM-9
555 TFS
Olds 2
AIM-9
555 TFS
Ford 2
AIM-9
433 TFS
Rambler 4
AIM-7
433 TFS
Rambler 1
AIM-7
433 TFS
Rambler 2
AIM-7
(1) En 1967, les équipages de F-4 étaient constitué des 2 pilotes dont le plus expérimenté était déclaré commandant de bord et placé sur le siège avant alors que le second volait à l'arrière et se trouvait en charge de la navigation et du système d'arme. Ce n'est qu'en 1969 que l'acronyme WSO pour Weapon Systemes Officers fera son apparition


VICTOIRES PROBABLES

Squadron
Indicatif
Commandant de bord (1)
Pilote
Arme
433 TFS
Rambler 4
-
433 TFS
Rambler 3
Maj Herman L Knapp
-
(1) En 1967, les équipages de F-4 étaient constitué des 2 pilotes dont le plus expérimenté était déclaré commandant de bord et placé sur le siège avant alors que le second volait à l'arrière et se trouvait en charge de la navigation et du système d'arme. Ce n'est qu'en 1969 que l'acronyme WSO pour Weapon Systemes Officers fera son apparition

 

 

555 TFS Olds 02 1st Lt. Ralph F. Wetterhahn 1st Lt. Jerry K. Sharp AIM-7

555 TFS Olds 04 Capt. Walter S. Radeker III 1st Lt. James E. Murray III AIM-9

555 TFS Olds 01 Col. Robin Olds 1st Lt. Charles C. Clifton AIM-9

555 TFS Ford 02 Capt. Everett T. Raspberry, Jr. 1st Lt. Robert W. Western AIM-9

433 TFS Rambler 04 Maj. Philip P. Combies 1st Lt. Lee R. Dutton AIM-7

433 TFS Rambler 01 Capt. John B. Stone 1st Lt. Clifton P. Dunnegan, Jr. AIM-7

433 TFS Rambler 02 1st Lt. Lawrence J. Glynn, Jr. 1st Lt. Lawrence E. Cary AIM-7

 

Robin Olds après la mission victorieuse du 2 janvier 1967
Lt Ralph F Wetterhahn
Major Combies et Robin Olds

 

Les conséquences de la mission

Alors que les F-4 atterrissent à Ubon, les équopes au sol sont toutes là pour faire une haie d'honneur aux équipages victorieux. A chaque fois qu'un phantom passe, cockpit ouvert, les pilotes indiquent avec les doigts le nombre des appareils qu'ils ont abattus. Sur les 16 MiG-21 dont disposait la VPAF à cette époque, de 11 à 14 avaient été engagé (Chiffre variable selon les sources), et 7 dértuits avec deux autres appareils probablement abattus (Maj. Philip P. Combies et Maj. Herman L. Knapp, Rambler 03).

Le succès de l'opération Bolo conduisit la 7eme Air Force à mettre en oeuvre une mission similiaire au cours desquelles un F-4 devait simuler le vol d'un RF-4C en mission de reconnaissance. La réaction immédiate des Forces Aériennes Nord Vietnamiennes suite au désastre de l'opération Bolo fut de ne pas répondre immédiatement à la provocation. Les 5 et 6 janvier, une paire de F-4C du 555th TFS, volant en formation serrée pour donner l'impression aux contrôleurs de ne constituer qu'un seul appareil, volaient à très haute vitesse. Le second jour, 4 MiGs sont envoyés pour intercepté ce qu'il croyaient être un appareil isolé et non armé. Surpris, ils perdront à nouveau 2 des leurs abattus par Crab 01 (Capt. Richard M. Pascoe et 1st Lt. Norman E. Wells) et Crab 02 (Maj. Thomas M. Hirsch et 1st Lt. Roger J. Strasswimmer).

Pour les Nord Vietnamiens et leurs alliés soviétiques qui leur fournissait les MiG 21, la défaite de leurs pilotes conduisit à revoir complètement la politique de formation des pilotes et l'adoption de nouvelles tactiques de combat et d'engagement.

 

L'OPERATION BOLO EN VIDEO (5 séquences)

 

 

 

 

Sources :


http://www.afa.org/magazine/nov1998/1198mig.asp
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Bolo

 

 

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