PRELUDE A LA GUERRE

 

Les opérations menées par les forces aériennes japonaises en Mandchourie et en Chine constituèrent une inestimable expérience du combat, qu'elles mirent à profit dans le Pacifique et en Extrême-Orient à partir de 1941. Les Américains, les Néerlandais et les Britanniques, qui évaluèrent mal cette supériorité du Japon, payèrent cher leur manque de clairvoyance.

La projection du Japon impérial, sorti tout droit de l'univers médiéval des samouraïs et des shoguns, dans l'espace industriel et technologique du XXe siècle constitua un événement hors du commun. Les Japonais comprirent qu'ils ne pourraient rivaliser avec les réalisations techniques de l'Europe et des Etats-Unis qu'en adoptant les méthodes ocidenntales. Au milieu des années trente, la flottee japonaise (Kaigun) était la troisième du monde et possédait les meilleurs porte-avions en service. L'armée nippone (Rikugun) était nombreuse, organisée en divisions, à l'occidentale, et surtout bien armée. Il n'existait pas de force aérienne autonome en tant que telle. Les unités aériennes de base étaient le bataillon de l'air de l'armée (Hikodaitai) et le groupe aérien de la marine (Kokutai), chacun étant contrôlé par son service propre. Or, entre ces services, il existait une hostilité continuelle et une coopération presque nulle. Les deux aviations ayant été organiisées avant la Première Guerre mondiale sur les modèles français et britannique, leurs appareils avaient la même origine. Mais, dans les années vingt, des compagnies japonaises comme Mitsubishi, Nakajima, Yokosuka, Kawasaki et d'autres se lancèrent dans la production d'avions et de moteurs. Le fait que ces avions et ces moteurs fussent en grande partie inspirés des modèles occidentaux donna à penser que les Japonais n'étaient capables de fabriquer que de bonnes copies. La réalité était tout autre. Dans une large mesure, les constructeurs nippons se révélèrent des innovateurs de talent.

La caste militaire japonaise, qui s'apparentait à bien des égards aux junkers de l'Allemagne impériale du XIxe siècle, exerçait une emprise considérable sur le gouvernement, tout en observant un respect religieux envers la personne de l'empereur. Ambitieuse et agressive, ses visées politiques l'opposaient régulièrement aux dirigeants civils qui se succédaient. L'empire s'accroissait, les conflits avec la Chine et la Russie permettant au Japon de prendre pied sur leurs territoires. La plus grande partie de Sakhaline lui fut cédée, tandis que Formose (T'ai-wan) passait sous son contrôle en 1895 ; la Corée fut annexée en 1910, et, après l'armistice de 1918, de vastes zones du Pacifique, comprenant les îles Mariannes (à l'exclusion de l'île de Guam), les îles Marshall et les îles Carolines, furent placées sous mandat nippon.

Le Japon n'avait qu'une seule faiblesse. Son industrie, totalement assujettie à l'étranger pour son approvisionnement en pétrole brut, devait importer une grande partie de ses matières premières - minerai de fer, bauxite, étain, caoutchouc. En outre, la population de l'empire, qui dépassait les cent millions, avait également besoin de denrées alimentaires importées, et en premier lieu de riz. Ainsi, tout comme le Royaume-Uni, le Japon était une nation très peupée et hautement industrialisée qui dépendait du commerce avec l'étranger et s'était dotée en conséquence d'une immense marine marchande et d'une puissante flotte de guerre.

LA GUERRE EN CHINE ET EN MANDCHOURIE

Les services aériens de l'armée et de la marine japonaises firent leur première expérience du combat en 1931, et s'engagèrent dans une succession d'incidents et d'escarmouches qui devaient déboucher sur la guerre avec la Chine en 1937.

Le sabotage d'une voie ferrée près de Moukden, en Mandchourie, le 18 septembre 1931, servit de prétexte à l'invasion japonaise. Marchant depuis Port-Arthur, traversant la péninsule de Laoting, les troupes nippones s'emparèrent de la totalité du territoire mandchou en cinq semaines et installèrent un gouvernement chinois fantoche à la tête de l'État, rebaptisé Mandchoukouo. Les forces terrestres étaient appuyées par des Chutai de chasseurs Nieuport 29 et Salmson 2 appartenant au 6e Hikosentai de Pyongyang (Corée). Des unités du 4e et 7e Hikosentai (équipées de Mitsubishi 2MB1 type 97 et Kawasaki KDA-2 type 88) furent envoyées en renfort du Japon pour former le noyau du Hikotai Kanto-Gun (corps aérien de la région militaire du Kanto). Il n'y eut pas de résistance dans les airs, si bien que les unités furent engagées exclusivement dans des opérations de bombardement et de reconnaissance tactique. L'aviation militaire chinoise se trouvait en effet dans un état de faiblesse et de désorganisation tel qu'elle ne put agir de manière efficace.

Si la conquête de la Mandchourie resta le domaine réservé de l'aviation de l'armée, les formations de l'aéronavale entrèrent en action pour la première fois au cours de l'attaque sur Shangai le 28 janvier 1932, lorsque des Kawanishi E5K1 type 90 basés sur le Notoro se lancèrent sur les positions chinoises. La force navale de surface comprit bientôt les porte-avions Hosho et Kaga, du ler Kokusentai, qui emportaient des chasseurs Nakajima A1N1 type 3 et des avions d'attaque Mitsubishi 2MT1-4 type 13. Ces unités effectuèrent des missions d'appui qui leur permirent d'affronter pour la première fois des chasseurs chinois. Sur le terrain, la XIXe armée chinoise luttait avec ténacité, au point qu'il fallut attendre le renfort de troupes japonaises pour que Shangai tombât enfin, le 4 mars 1932. Un armistice fut signé, Chang Kaï-tchek s'engageant à mettre fin au boycott commercial qui était à l'origine de l'affrontement.

Les cinq années qui suivirent furent marquées par des réformes de Chang Kaï-tchek. Les forces armées furent augmentées, les industries développées, et les " seigneurs de la guerre " mis au pas. La longue guerre civile qui opposait les nationalistes de Chang Kaïchek aux communistes de Mao Tsé-toung fut interrompue en décembre 1936 à la suite d'un accord laborieux. La stabilité retrouvée et la puissance grandissante de la Chine suscitèrent l'anxiété des dirigeants japonais, qui cherchaient alors à poser les bases d'un empire économique centré sur leur archipel et appelé à devenir la plus grande zone de richesses et de prospérité d'Asie orientale. Chang et la République de Chine se dressant sur leur route, il fallait les éliminer. Le prétexte pour déclencher une guerre générale fut fourni par une escarmouche sur le pont Marco-Polo, à Pékin, le 7 juillet 1937.

LA GUERRE DANS LE CIEL CHINOIS

Au milieu de 1937, l'armée japonaise comptait environ trois cent mille réguliers, renforcés par cent cinquante mille soldats mandchous et mongols sous encadrement nippon. Au Japon même se trouvaient deux millions de réservistes bien entraînés. Les forces terrestres étaient renforcées par une puissante flotte de guerre, une non moins puissante marine marchande et une aviation remarquablement efficace regroupant quarante-neuf Chutai de l'armée (500 avions) et vingt-neuf Buntai (plus de 400 appareils basés à terre ou embarqués). Les forces aériennes de Mandchourie envoyèrent six Chutai des 12e, 15e et 16e Hikosentai dans le secteur de Pékin. De Formose, du Japon et de Corée vinrent vingt-trois Chutai en renfort. Les appareils utilisés (240 en tout) étaient des Kawasaki Ki-10 type 95 (chasseurs), des Kawasaki Ki-3 type 93 (bombarbiers légers), des Mitsubishi Ki-1 type 93 (bombardiers lourds) et des Nakajima Ki-4 type 94 (avions de reconnaissance). Les chefs de l'armée nippone organisèrent deux offensives conjointes, l'une dirigée du sud de Pékin vers Soutcheou, l'autre vers le nord-ouest, depuis Shanghai jusqu'à Nankin, siège du gouvernement de Chang Kaï-chek. C'est le 8 août 1937 qu'eut lieu le débarquement à Shanghai, soutenu par la IIIeme flotte et des avions (264) transportés par le Hosho, le Ryujo et le Kaga. Depuis leurs bases de Kyushu et Formose, les flottilles de l'aéronavale Kisarazu et Kanoya, équipées de bombardiers Mitsubishi G3M1 type 96, effectuèrent des raids de grande envergure sur Nankin, Yang-tseu, Sou-tcheou, Han-k'eou, Anqing et Nanchang, en Chine centrale.

En dépit de leur supériorité dans les airs, les Japonais rencontraient des difficultés au sol. Shanghai ne tomba que le 8 novembre 1937 ; Nankin fut prise le 13 décembre, mais, dans le Nord, une sévère résistance chinoise stoppait l'avance nippone sur le fleuve Jaune. En janvier 1938, les Japonais, qui avaient repris l'offensive sur Sou-tcheou, furent écrasés à Taierchwang par les forces du général Li Tsung-jen, perdant au total près de vingt mille hommes. Une fois regroupées, les troupes nippones prirent Soutcheou en mai, mais elles durent renoncer à poursuivre leur offensive lorsque les Chinois firent déborder le fleuve Jaune. Au sud, la poussée vers Han-k'eou aboutit à la chute de la ville le 25 octobre 1938. Des débarquements amphibies dans le port de Hongay, au nord-est de Hong Kong, permirent aux Japonais de s'emparer de Canton en octobre. La division aérienne provisoirement constituée par l'armée nippone en Chine regroupait les ler, 3e et 7e Hikodan sous le commandement du lieutenant général Eijii Ebashi. Chaque brigade se divisait en un certain nombre de groupes et d'escadrilles. Parmi les appareils employés, le chasseur Nakajima Ki-27b type 97, le Mitsubishi Ki-15 type 97 (reconnaissance), le bombardier léger Mitsubishi Ki-30 type 98 et le bimoteur Mitsubishi Ki-21 modèle 97, un bombardier lourd qui venait d'entrer en service, représentaient un progrès certain. Mais les pertes allèrent en s'accroissant. En effet, la petite force aérienne chinoise, qui bénéficiait de l'assistance efficace des conseillers de Claire L. Chennault, s'était équipée de chasseurs soviétiques Polikarpov I-15, I-153 et I-16, et de bombardiers Tupolev SB-2 (plus un assortiment de modèles français et américains).

Incapable de battre la Chine sur le champ de bataille, le Japon mit en place un blocus économique en s'assurant le contrôle d'un certain nombre de ports comme Foutcheou et en investissant l'île de Hai-nan, au large de la côte sud. Les voies de ravitaillement de Chang Kaï-chek se trouvaient ainsi limitées à la ligne de chemin de fer Haiphong (Indochine française) - Nankin, à la petite route qui, partie de Rangoon, passait par Lashio (montagne birmane), et enfin à la route de Birmanie, qui traversait la province du Yunnan jusqu'à Koven-ming. A ce moment-là, le quartier général de Chang se trouvait à Tchong-k'ing, dans les montagnes du nordest de la Chine.

L'INCIDENT DE NOMONHAN

Les relations avec l'Union soviétique s'étaient cependant détériorées après l'occupation par ce pays de la ville fortifiée de Changkoufeng, sur la frontière soviéto-mandchoue, en 1938. Ce fut un incident isolé dans la vallée de la Khalka, au sud du plateau du Nomonhan, point litigieux de la frontière entre l'Union soviétique et le Mandchoukouo, qui déclencha une guerre non déclarée entre les forces japonaises locales et le 1er groupe d'armées soviétique, du général Joukov, et de violents affrontements aériens entre les deux aviations. Le 2e Hikoshudan envoya immédiatement quatre Chutai de Ki 27 et Ki-30 à Hailar, dans le secteur du Nomonhan. Les Soviétiques réagirent en expédiant d'importantes forces aériennes sous le commandement du général Smouchkevitch à Sappabaiz. La bataille aérienne prit vite de l'ampleur au-dessus du plateau, le premier combat important ayant lieu le 27 mai.

Au moment de l'accord de cessez-le-feu soviéto-japonais du 16 septembre 1939, les aviations soviétique et nippone reconnaissaient respectivement la perte de deux cent sept et cent soixante-neuf appareils, chacune revendiquant un nombre de victoires quatre à six fois plus élevé. Pour la première fois, les Japonais avaient rencontré dans les airs une résistance véritable, parfois même supérieure à la leur. Toutefois, l'expérience avait été instructive, notamment dans le domaine des combats de chasseurs contre chasseurs : la palme revenait au pilote Hiromichi Shinohara, qui était crédité de 58 victoires, tandis qu'une douzaine d'autres se targuaient d'avoir abattu vingt appareils ou plus.

PREPARATIFS DE GUERRE DANS LE SUD

Les succès remportés en Europe par l'Allemagne sur la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni en mai-juin 1940 jetèrent un éclairage entièrement nouveau sur le projet japonais de créer une "Sphêre de coprospérité " centrée sur l'archipel nippon. Les troupes impériales débarquèrent à Haiphong à la fin du mois de juin, les Français n'ayant pas d'autre solution que de s'incliner. Churchill fut bien obligé d'accepter la fermeture de la route de Birmanie, à la demande du Japon, et, le 29 août 1940, la France donna son accord pour l'installation de bases aériennes japonaises dans la région d'Hanoi (nord de l'Indochine), d'où des raids pourraient être lancés sur Tchong-k'ing. Il devint clair, avec la signature du pacte tripartite le 27 septembre, que le Japon avait choisi de se ranger aux côtés des ennemis de l'Angleterre - politique confirmée par le pacte de non-agression qu'il signa avec l'Union Soviétique le 13 avril 1941. Les Nippons voulaient placer sous leur joug les régions du Sud-Est asiatiques (Malaisie, Bornéo, Java et Philippines) pour une raison toute simple : sans pétrole brut, sans minerais, sans riz, le Japon ne pourrait jamais soutenir une guerre contre la Chine tout en défendant, dans le même temps, ses frontières contre les incursions soviétiques (l'archipel importait 90 % de son pétrole des États-Unis et des Indes néerlandaises). Des mesures de restriction avaient déjà réduit les réserves stratégiques de cinquante et un millions de barrils en 1939 à quarante millions en 1941. Le président Franklin D. Roosevelt donna le coup de grâce en gelant les avoirs japonais aux ÉtatsUnis, par mesure de représailles contre l'installation de bases aériennes et aéronavales dans le sud de l'Indochine, d'où les bombardiers pouvaient menacer le bastion britannique de Singapour. Aussi l'empereur et l'état-major général se préparèrent-ils à un conflit, qu'ils jugeaient inévitable, en Asie du Sud-Est - conflit qui les opposerait aux Américains, aux Britanniques et aux Néerlandais.

Dans leurs préparatifs de guerre, l'armée et la marine nippones (celle-ci étant placée sous le commandement de l'amiral Isoroku Yamamoto) envisageaient une campagne en trois phases. Dans un premier temps, la guerre devait débuter par six opérations simultanées :

  • Une attaque massive de l'aviation embarquée contre Pearl Harbor, destinée à paralyser la flotte américaine du Pacifique ;
  • L'occupation du Siam, en vue d'y installer des bases aériennes ;
  • Des débarquements à Singora, dans le sud du Siam, et à Kota Bahru, au nord de la Malaisie, afin de préparer la prise de Singapour ;
  • Des attaques aériennes sur Luçon (Philippines), pour décimer la force aérienne américaine d'ExtrêmeOrient en prélude à l'invasion de Luçon et Mindanao ;
  • L'élimination de Hong Kong ; enfin,
  • L'occupation de Guam et de l'île de Wake, pour couper les communications américaines.

Au cours d'une deuxième phase, des opérations seraient menées contre

  • L'archipel Bismarck (Nouvelle-Bretagne et NouvelleIrlande), avec l'installation d'une importante base aérienne et navale à Rabaul ;
  • La Malaisie serait conquise, et Singapour bientôt occupée ; puis les Japonais s'empareraient
  • Des aérodromes dans le sud de la Birmanie ; enfin,
  • Une grande offensive serait lancée au sud, sur deux fronts, en direction de Java, via Bornéo et les Célèbes.

La troisième phase comporterait

  • La prise de Java par des assauts simultanés venus de l'est et de l'ouest,
  • L'occupation totale de la Birmanie ainsi que
  • L'installation de bases à Sumatra et dans les îles Andaman et Nicobar, débouchant sur l'océan Indien.

L'ensemble des actions prévues devait prendre de cinquante à cent jours, l'attaque devant être déclenchée le 8 décembre 1941. Le plan fut officiellement approuvé le 5 novembre. Sans doute s'agissait-il là de l'entreprise la plus ambitieuse, la plus audacieuse et la plus vaste jamais envisagée dans l'histoire militaire. En décembre 1941, les Alliés disposaient dans l'hémisphère oriental d'une force aérienne de 1284 appareils, dont beaucoup étaient en voie d'être dépassés :

  • 385 avions de l'US Army et de l'US Navy étaient basés à Hawaii et sur la flotte du Pacifique,
  • 24 à Midway et dans l'île de Wake,
  • 180 aux Philippines.
  • La RAF disposait de 330 appareils en Extrême-Orient, pour la plupart basés en Malaisie et en Birmanie, auxquels s'ajoutaient
  • 165 avions de la Royal Australian Air Force disséminés en Australie, en Malaisie, à Amboine, à Rabaul et dans les Indes orientales.
  • Le Royal Netherlands Indies Army Air Corps alignait 200 appareils, parmi lesquels figuraient des Curtiss Hawk 75A-7, des Brewster B-339D (Buffalo) et des bombardiers Martin 139W-H2.

Il leur faudrait faire face à des forces prélevées sur les

  • 2 951 avions de première ligne de l'armée et de la marine nippones.

LA PUISSANCE JAPONAISE

Les effectifs alloués par l'armée pour les opérations en Asie du Sud-Est approchaient les 750 appareils : 550 avions du 3e Hikoshudan (basé à Saigon, en prévision de l'invasion du Siam et de la Malaisie) et 175 du 5e Hikoshudan (à Formose, pour l'invasion de Luçon). Le 3e Hikoshudan regroupait le 3e Hikodan (27e, 59e, 70e et 90, Hikosentai), le 7e Hikodan (12e, 60e, 64e et 98e Hikosentai), le 12e Hikodan (1PT et lle Hikosentai), ainsi que les 15e, 21e et 83e Dokuritsu Hikotai. Le nouveau Nakajima Ki-43 Hayabusa (chasseur type 1 de l'armée) venait renforcer le déjà ancien Ki27b, tandis que de nouveaux modèles entraient en service, comme le Kawanishi Ki-48 et le Mitsubishi Ki-46. En Chine demeurait le ler Hikodan, avec 50 appareils, en Mandchourie et à Sakhaline le 2e Hikoshudan, avec 450 avions, et enfin sur l'archipel lui-même le ler Hikoshudan, avec 50 chasseurs Ki-27b des 4e, 5e et 13e Sentai. Les appareils de réserve et d'entraînement étaient au nombre de 1200.

La flotte japonaise devait assurer la maîtrise des mers au cours des opérations, pendant que sa propre aviation interviendrait à Hawaii, à l'île de Wake, dans le bombardement de Luçon et dans la couverture aérienne du secteur de Davao, ainsi que dans les combats préventifs contre les unités de la Royal Navy basées à Singapour. Le fleuron de l'aéronavale était le le, Koku-Kantai, du vice-amiral Chuichi Nagumo, avec les porte-avions Kaga et Akagi (ler Kokusentai), Soryu et Hiryu (2e Kokusentai), le Ryujo et les tout nouveaux Zuikaku et Shokaku (5e Kokusentai). Pour l'opération sur Hawaii, seuls les ler, 2e et 5e Kokusentai devaient entrer en action, avec des chasseurs Mitsubishi A6M2 (type 21 de la marine), des bombardiers en piqué Aichi D3A1 (type 99 de la marine), et des Nakajima B5N2 (type 97 de la marine), bombardiers lance-torpilles basés sur porteavions : soit 414 appareils.

Le 3e Kokusentai, avec les porte-avions Hosho et Zuiho, était alors rattaché à la 11e flotte. A l'exception de la 24e flottille aérienne, les unités installées à terre dépendaient du 11e Koku-Kantai, du vice-amiral Nishizo Tsukuhara. Les 21e et 23e flottilles de l'aéronavale étaient implantées à Formose, prêtes à intervenir sur Luçon, tandis que se trouvait sur les aérodromes proches de Saigon, prête pour l'attaque de la flotte britannique, la 22e flottille, du contre-amiral Sadaichi Matsanuga, avec 96 bombardiers Mitsubishi G3M2 et un détachement de bombardiers Mitsubishi G4M1. L'aviation terrestre (des G3M2, G4M1, A6M2 et quelques appareils de reconnaissance Mitsubishi C5M2) représentait environ 600 avions : 300 pour les 21e et 23e flottilles, 150 pour la 22e, et 150 pour la 24e, basée aux Marshall. Le 4e Kokusentai disposait de 50 appareils aux îles Palaos et sur de petits porte-avions. Des hydravions de reconnaissance Aichi E13A1 de même que des Nakajima E8N2 et Kawanishi E7K2 étaient affectés aux différentes flottes.

Dans l'ensemble, l'équipement de l'aviation de l'armée et de l'aéronavale japonaises était de bonne qualité, voire exceptionnel dans le cas du chasseur Mitsubishi A6M2 Zero et du Ki-46. Les pilotes et les équipages avaient poussé très loin l'expérience du feu au cours de dix années de luttes et de guerres ; beaucoup d'entre eux enregistraient une moyenne de six cents à huit cents heures de combat et tous étaient de haut niveau. L'ouragan qui allait s'abattre sur le Pacifique et l'Extrême-Orient devait constituer un bon exemple de l'usage de l'aviation comme arme offensive.

En attendant, le haut état-major nippon forgeait les plans qui devaient permettre au Japon de conquérir, en quelques mois, une grande partie du Pacifique en vue d'y établir une " sphère de coprospérité ". La première phase de ce plan passait par l'annihilation de la flotte américaine basée à Pearl Harbor.

 

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