Pacifique





LEYTE et LES PHILIPPINES

 

A l'automne de 1944, alors qu'en Europe les armées alliées étaientaux portes de l'Allemagne, en Extrême-Orient, l'armée américaine la plus avancée combattait sur l'île de Mindanao, à 1 930 km de Tokyo. De coûteuses campagnes devraient encore être menées pour obtenir la victoire.

Le gros des forces américaines était mobilisé pour l'invasion des Mariannes, le débarquement à Saipan étant fixé au 15 juin, et celui à Guam et à Tinian, au 18. Une fois de plus, c'est à la Task Force 58 et à ses 896 avions qu'incomba la tâche d'anéantir l'aéronavale japonaise. La TF-58 se composait du TG-58.1 (Rear Admiral J.J. Clark, avec le Hornet, le Yorktown, le Belleau Wood et le Bataan), du TG-58.2 (Rear Admiral A.E. Montgomery, avec le Bunker Hill, le Wasp, le Monterey et le Cabot), du TG-58.3 (Rear Admiral J.W. Reeves, avec l'Enterprise, le Lexington, le San Jacinto et le Princeton) et du TG-58.4 (Rear Admiral W.K. Harill, avec l'Essex, le Langley et le Cowpens). A partir du 12 juin, les F6F-3 de Mitscher effectuèrent des raids de grande envergure sur les aérodromes du 1er Koku-Kantai, à Guam, Saipan et Tinian, abattant dès la première matinée 81 avions ennemis et détruisant au sol 29 autres appareils. Prenant ensuite la direction du nord, la TF-58 s'en prit aux terrains de Chichi Jima et d'Iwo Jima.

En vue d'exécuter l'opération A-Go, la flotte d'Ozawa quitta Tawi Tawi le 13 juin à 13 heures et se dirigea vers le nord-est, passant le détroit des Guimaras, avant de traverser l'archipel des Visayas et les vastes étendues de la mer des Philippines. Le Chitose, le Chiyoda et le Zuiho (3e Kokusentai), placés sous le commandement du contre-amiral Sueo Obayashi, faisaient route avec la force de Kurita, qui comprenait les gros cuirassés Yamato et Musashi. Le reste se répartissait entre la force A, du vice-amiral Ozawa (avec le Taiho, le Shokaku et le Zuikaku), et la force B, du contre-amiral Takaji Joshima (avec le Junyo, le Hiyo et le Ryuho)

 

Task force 58 à Truk en février 1944
TBF Avenger de la TF 58

 

Averti par ses sous-marins qu'Ozawa approchait du détroit de San Bernardino, Mitscher, désireux de sortir du vieux schéma attaque - contre-attaque, préféra attendre les assauts aériens japonais avec des défenses extrêmement puissantes. Les premiers raids furent lancés le 19 juin à 21 h 15, 43 A6M2, porteurs chacun d'une bombe de 250 kg, 7 B6N2 et 14 A6M5 du 1er Tokubetsu Kogeki Tai (capitaine Masayuki Yamagami) décollant du Chitose, du Chiyoda et du Zuiho. Ce raid fut intercepté par les F6F-3 du VF-15, tandis que d'autres Hellcat (197 au total), qui évoluaient à 9 150 m d'altitude, intervenaient dans l'action. Les F6F-3 et les canons de 40 mm de l'US Navy abattirent ainsi 42 des appareils de la première vague ennemie. Le succès de cette riposte laissait présager de l'issue de la bataille.

C'était désormais aux sous-marins d'entrer en scène. Au moment même où les vagues d'assaut de l'aéronavale japonaise quittaient le pont des porte-avions, des torpilles frappaient de plein fouet et mettaient hors de combat le Taiho (à 9 h 10) et le Shokaku (à 12 h 20) ; ces navires devaient couler quelques heures plus tard. Les quatre attaques que lança ce 19 juin le vice-amiral Ozawa se soldèrent par des pertes écrasantes : 253 avions détruits plus 33 sévèrement endommagés au cours de ce qui avait été la plus grande bataille aérienne de la guerre du Pacifique. Alors qu'elles faisaient retraite vers Okinawa dans la journée du 20 juin, les forces d'Ozawa durent subir un violent assaut mené par 85 F6F-3, 77 bombardiers en piqué (essentiellement des SB2C-1) et 54 TBF/TBM-1 de la Task Force 58. Les avions américains, réussissant à couler le Hiyo, infligèrent de sérieux dégâts au Ryuho et au Chiyoda, mais leur retour fut difficile. Trahis par la nuit, à court de carburant, 24 d'entre eux furent forcés d'amerrir. Toutefois, le bilan était impressionnant. Les groupes aériens de la flotte nippone avaient été décimés au cours de ces deux jours de combat, tandis que les forces du 1er Koku-Kantai basées à terre ne valaient guère mieux. En août 1944, les Mariannes étaient passées en totalité sous contrôle américain, et les vieilles pistes d'atterrissage japonaises étaient en cours d'élargissement, afin qu'elles puissent accueillir les Boeing B-29 Superfortress de l'USAAF, destinés à bombarder le territoire japonais.

 

 

LE RETOUR AUX PHILIPPINES

Le 1er Koku-Kantai, qui avait perdu la moitié de ses effectifs aux Mariannes, était désormais commandé par le vice-amiral Kimpei Teraoka ; il fut transféré à Nichols Field, près de Manille (Philippines), en vue de sa fusion avec la 26e flottille de l'aéronavale, basée à Davao. Les structures de commandement furent simplifiées, tous les appareils étant répartis entre les 201e Kokutai, 153e Kokutai et 761e Kokutai. Implantées à Clark, Nichols, Cebu, Mabalacat et Davao, les unités de Teraoka regroupaient, début septembre, 500 A6M5, G4M2, D4Y2 et B6N. Parmi les appareils entrés en service figuraient le chasseur Kawanishi N1K1-Ja Shiden et l'avion de reconnaissance Nakajima C6N1 Saiun, qui se caractérisait par sa rapidité. Cette force n'était cependant promise qu'à une courte existence. Les raids que lança la TF-38 du 9 au 14 septembre 1944, avant les débarquements à Peleliu, anéantirent en effet la plupart de ses éléments. Le 30 septembre, le 1er Koku-Kantai, ou plutôt ce qui en restait, pouvait compter sur à peine 100 avions. La date du débarquement américain à Leyte ayant été fixée au 20 octobre 1944, la TF-38 mena des actions de routine sur les Ryu kyu, totalisant 1 392 sorties au 10 octobre.

Le 12, les groupes de Halsey attaquèrent les aérodromes de Formose, où étaient basés 630 appareils du 2e Koku-Kantai (viceamiral Shigeru Fukudome) et au 8e Hikoshidan de l'aéronavale. Les F6F-3, qui se heurtèrent à plus de 200 appareils, revendiquaient à leur retour la destruction d'une centaine d'avions ennemis. Trente Hellcat seulement avaient été abattus en combat aérien, et dix-huit autres victimes des défenses antiaériennes. De nouveaux raids furent lancés pendant les deux jours qui suivirent, tandis que le TG-38.4 attaquait, le 15 octobre, les terrains d'aviation de Manille. L'aéronavale japonaise reconnut avoir perdu près de 500 appareils en une seule semaine, les pertes de l'aviation de l'armée se montant pour leur part à 150 unités. Les dommages infligés aux groupes embarqués ne laissaient subsister, à bord des porte-avions Zuikaku, Zuiho, Chitose et Chiyoda, que 52 A6M5, 28 A6M7, 29 bombardiers-torpilleurs et 7 Yokosuka D4Y2.

 

   
USS Belleau Wood touché par un Kamikaze - USS Randolph dont l'avant du pont d'envol a été traversé par un Kamikaze

 

C'est dans cette situation déjà alarmante que les forces nippones durent faire face à l'arrivée d'une impressionnante armada de navires de guerre et de transport de troupes, qui émergea des brumes, à l'aube du 20 octobre, devant les rivages de Leyte. A situation désespérée, remèdes désespérés : les pilotes et les équipages japonais partirent à l'attaque dans un esprit de sacrifice qui perpétuait le souvenir du « souffle divin », qui, des siècles plus tôt, avait sauvé leur pays des hordes mongoles venant du continent.

 

  

 

Devant la défaite si complète des forces aériennes nippones au-dessus des Mariannes et dans la bataille de la mer des Philippines, 1'Admiral Chester W. Nimitz se décida à tenter un pari audacieux en avançant la date de l'invasion de Leyte au 20 octobre 1944. Le jeu était risqué, car la distance à franchir interdisait toute intervention de forces aériennes basées à terre. A dire vrai, l'opération était sans précédent dans la guerre du Pacifique. Le scénario de ce gigantesque débarquement mettait en action des forces considérables. Au jour dit, les premiers éléments de la VIe armée (200 000 hommes), du Lieutenant General Walter Krueger, devaient prendre pied sur les rivages de Leyte, grande île située dans la partie orientale de l'archipel des Philippines. Leur convoyage et leur soutien seraient assurés par près de cinq cent vingt bâtiments de transport et navires auxiliaires, et par plus de cent navires de combat (VII, flotte, du Vice Admiral T.C. Kinkaid). L'appui aérien rapproché était fourni par les cinq cents appareils de la TF-77.4, du Rear Admiral R.S. Sprague ; dix-sept CVE devaient transporter l'ensemble de cette force, qui alignait des Général Motors FM-2, des Grumman TBF-1C et un petit nombre de Grumman F6F (à bord du Sangamon, du Suwannee et du Chenango). La III, flotte (Admiral W.F. Halsey) fournirait la couverture à distance, avec 1 074 F6F, SB2C-3 et TBF, répartis sur neuf porte-avions et huit CVL (de la Task Force 38, du Vice Admiral Marc A. Mitscher), et divisés en quatre groupes. La TF-38 devrait mener, en prélude au débarquement, une campagne contre l'aéronavale nippone dans les Ryu kyu, à Formose et à Luçon. L'aviation alliée basée à terre, qui s'était éparpillée depuis Biak et Noemfoor, en Nouvelle-Guinée occidentale, et avait fait de Nadzab et Manus ses centres vitaux, rayonnait désormais à l'est, vers l'Australie. Il s'agissait en fait de la Far East Air Force, du Lieutenant Général George C. Kenney (formée en juillet 1944), à laquelle étaient subordonnées les 5th Air Force et 13th Air Forces (respectivement commandées par le Major General E.C. Whitehead et le Major Général St. Clair Street). La FEAF pouvait compter sur 2 500 avions, auxquels s'ajoutaient 420 appareils de la Royal Australian Air Force, des bombardiers lourds Consolidated B-24H et B-24J, de même que des Lockheed P-38L, des Republic P-47D et des Curtiss P-40N-20CU Quant aux bombardiers moyens et légers, ils comprenaient des North American B-25G, H et J, ainsi que des Douglas A-20H. Cependant, la puissance de la FEAF resterait sans effet tant que les aérodromes de Morotai ne pourraient fournir à la tête de pont de Leyte le soutien des bombardiers.

 

  

 

LA BATAILLE DU GOLFE DE LEYTE

 

 

: Forces en présence : Forces en présence
4 porte-avions
7 cuirassés
11 croiseurs lourds
2 croisseurs léger
19 destroyers
17 sous-marins
1500 avions .
16 porte-avions
18 portes-avions d'escorte
12 cuirassés
23 croiseurs
105 destroyers
22 sous-marins
1620 avions.
Pertes
Pertes
10 000 morts
4 porte-avions
3 cuirassés
10 croiseurs
11 destroyers
5 sous-marins
1000 avions .
3 000 morts
1 porte-avions léger
2 porte-avions d'escorte
3 destroyers
1 sous-marin
200 avions

 

Ce fut au cours de la période du 23 au 26 octobre, en quatre batailles dispersées et confuses, que la Marine impériale japonaise devait connaître son chant du cygne.

L'opération Sho-1, engagée le 18 octobre après une série de faux départs, sur ordre de l'amiral Soemu Toyoda, avait pour but l'anéantissement des forces américaines au large de Leyte. Quatre forces de combat y participèrent, trois d'entre elles étant réservées à l'attaque, l'autre servant d'appât. Les trois premières étaient la 1e flotte, du vice amiral T. Kurita, qui comprenait les cuirassés de 64 000 t Yamato et Musashi, la force C, du vice-amiral S. Nishimura, et enfin la IIe flotte, du vice-amiral K. Shima. Pendant que ces puissantes unités se dirigereraient vers les détroits de San Bernardino et Surigao afin de détruire les bâtiments américains mouillant au large de Leyte, la flotte du Nord, du vice-amiral Jisaburo Ozawa, qui regroupait le Zuikaku, le Zuiho, le Chitose et le Chiyoda (3e Kokusentai) ainsi que les cuirassés transformés en porte-avions Ise et Hyuga, effectuerait une sortie en mer des Philippines pour attirer les navires de Halsey. La majeure partie des groupes d'Ozawa ayant été détruits ou se trouvant à terre, les éléments qui demeuraient à bord de ses bâtiments se limitaient à 116 appareils (52 Mitsubishi A6M5c, 28 A6M7, 7 Yokosuka D4Y, 25 Nakajima B6N et 4 Nakajima B5N2), ce qui était bien peu. En outre, la plus grande partie des pilotes étaient nouveaux et moins bien entraînés que ceux des Hellcat de Halsey.

Le matin du 22 octobre, Kurita et Nishimura mirent le cap sur la baie de Brunei, puis se séparèrent comme prévu, l'un s'engageant dans la mer de Sibuyan, l'autre dans le détroit de Surigao ; de Formose arrivait le groupe de combat de Shima. Du 24 au 26 octobre 1944 devait se dérouler la plus grande bataille navale de la guerre. Les unités aériennes embarquées mais aussi celles qui étaient basées à terre intervinrent dans des affrontements d'une rare violence. Le combat se termina sur une victoire décisive des IIIe et VIIe flottes américaines. La Marine impériale japonaise accusait la perte de trois cuirassés (dont le Musashi), quatre porte-avions, dix croiseurs lourds et légers, et onze destroyers, ainsi que de 288 avions.

 

    

 

LA DEUXIEME CAMPAGNE DES PHILIPPINES

Les Japonais avaient mis six mois pour venir à bout, en 1941-1942, de la résistance américaine aux Philippines. En 1944-1945, il fallut plus de temps encore aux troupes de MacArthur pour reconquérir cet immense et complexe ensemble insulaire. D'énormes ressources en hommes et en matériel furent nécessaires. En outre, une forme nouvelle de guerre aérienne fit son apparition, qui se révéla d'une terrible efficacité. Il s'agissait des attaques suicides systématiques organisées par les Japonais sur la base d'une simple équation : un homme pour un bateau. Le 17 octobre 1944, le vice-amiral Takijiro Onishi, ayant pris le commandement du 1er Koku-Kantai - qui se limitait en fait aux trente A6M5 du 201e Kokutai et à quelques Mitsubishi G4M2 -, mit sur pied avec les pilotes du 201e Kokutai les Kamikaze Tokubetsu Kogekitai à Mabalacat.

 

  

 

La première opération kamikaze réussie fut menée, par quatre A6M5 commandés par le lieutenant Yukio Seki, contre la TF-77.4, au large de Leyte, le 25 octobre au matin. Le Santee et le Suwannee furent sérieusement endommagés, tandis que le Sangamon et le Petrof Bay étaient miraculeusement épargnés. Dans la matinée, six autres A6M5 émergèrent des nuages et piquèrent à 70°. Trois d'entre eux prirent pour cible le Kalinin Bay, un le Kitkun Bay. Le cinquième heurta le St. Lô avec une telle violence que le navire coula en moins de trente minutes. De telles actions n'étaient pas totalement nouvelles. Beaucoup avaient été lancées dans le passé contre des bâtiments américains, mais jamais avec ce caractère de froide détermination, jamais de façon aussi systématique. Si les Américains s'en alarmèrent très vite, ils étaient cependant désarmés devant de telles pratiques. Le seul recours était un renforcement puissant des défenses antiaériennes. Quant aux pilotes et aux équipages japonais, mourir au combat pour la défense de l'Empire était à leurs yeux le suprême honneur. Leur esprit serait éternellement vénéré sur l'autel du Yasukuni, et leurs noms seraient immortalisés.

 

  

 

Après le repli de la TF-38 sur Ulithi, l'aviation de l'armée japonaise et celle de la marine reprirent leurs opérations à Luçon et à Mindanao. Des éléments appartenant au 2e Koku-Kantai, du vice-amiral Fukudome, incluant les 252e, 343e et 701e Kokutai, s'envolèrent pour Manille le 23 octobre. Trois jours plus tard, toutes les unités de l'aéronavale, quatre cents appareils au total, furent regroupées dans un nouveau commandement, toujours sous les ordres de Fukudome. Les principales bases de cette force considérable étaient Clark Field, Legaspi, Zamboanga, Mabalacat et Cebu. Ces unités rénovées mettaient en oeuvre des A6M5, des D4Y2 et des D3A2, ainsi que des Nakajima N1K1-Ja et des Mitsubishi J2M3, chasseurs très performants, armés de quatre canons de 20 mm et capables d'atteindre une vitesse de 585 km/h à 6 095 m d'altitude.

 



Pour la première fois depuis sa terrible défaite en Nouvelle-Guinée, l'aéronavale nippone se montra à la hauteur de ses succès passés et combattit âprement pour la défense des Philippines, sachant habilement tirer profit des faiblesses américaines. Le 4e Kokugun, du général Kyoji Tominaga, disposait d'environ 400 appareils, dont 200 en principe disponibles, basés à Luçon, Bacolod et Negros I. Les formations qui venaient du Japon, de Birmanie, de Manchourie et de Sumatra étaient fraîches et relativement bien équipées. Le fait principal était l'apparition d'une nouvelle génération de chasseurs et celle d'un bombardier exceptionnellement efficace. En remplacement du Ki 43, à présent dépassé, arrivaient le Nakajima Ki-44-IIb Shoki, lourdement armé, le Kawasaki Ki-61-II KAIa et le Nakajima Ki-84-Ia Hayate. Armé de mitrailleuses Ho-103 de 12,7 mm et de deux canons de 20 mm, le Ki-84 affichait une vitesse maximale de 630 km/h à 6 120 m d'altitude. En octobre 1944 encore apparut également le bombardier bimoteur Mitsubishi Ki-67 Hiryu.

 

 


Ki-84 Hayata

 

L'aéronavale effectua, pendant et après les débarquements à Leyte, un nombre record de sorties. Le 27 octobre, l'armée américaine acheva enfin l'aménagement de la piste de Tacloban, et c'est avec un certain soulagement que furent accueillis, venant de Morotai, 34 P-38 des 7th FS / 3rd FG et 9th FS / 49th FG. Neuf chasseurs (dont six Northrop P-61A du 421st FS) se posèrent à Tacloban le 31 octobre. La dureté des affrontements qui eurent lieu en octobre et novembre 1944 rappela celle qui avait marqué les combats de Rabaul et de Bougainville au cours de l'année précédente. Pour la période du 27 octobre au 31 octobre 1944, 1033 attaques furent menées sur Leyte, le V Fighter Command revendiquant la destruction de 314 avions ennemis pour la perte de 16 pilotes. L'as américain Richard Bong reçut la Medal of Honor pour ses trente-neuvième et quarantième victoires, remportées au-dessus de Mindoro les 15 et 17 décembre. Venant immédiatement après lui avec 31 victoires, le Major Thomas McGuire fut tué au combat le 7 janvier 1945.

La VIe armée, du General Krueger, constitua le fer de lance de la grande opération du golfe de Lingayen, le 9 janvier 1945. L'ensemble des forces aériennes nippones aux Philippines se limitait désormais à 150 appareils, mais le 1er Koku-Kantai, de Fukudome, était en cours de rééquipement et recevait des unités fraîches en provenance de Formose. Les raids de kamikazes se multiplièrent alors. Le 3 janvier, à 7 h 28, le pétrolier américain Cowanesque fut atteint de plein fouet, tandis que le porte-avions d'escorte Ommaney Bay coulait quelques heures plus tard. Jusqu'au 13 janvier, les attaques suicides se poursuivirent, occasionnant de sérieux dommages. Le 3 mars, Manille tombait, mais les opérations finales de nettoyage se prolongèrent jusqu'en juillet 1945.

Quoi qu'il en soit, les jours du Japon étaient désormais comptés. En quelques mois, le territoire nippon allait être écrasé par l'aviation stratégique américaine.

 

 

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