F.A.F.L

Forces Aériennes Françaises Libres
(En Grande Bretagne)

 


L’HISTORIQUE

La défaite :

Je viens d’apprendre par la radio l’incroyable nouvelle de la…CA-PI-TU-LA-TION ! Le fait est tellement inconcevable qu’on reste là, les membres brisés, à s’imaginer mille choses, un cauchemar, une erreur, une propagande pour tenter d’effacer l’horrible réalité. La pitoyable T.S.F achève de briser la résistance de nos nerfs trop tendus en faisant résonner une Marseillaise vibrante, dernier appel d’une France, hier libre. ” René Mouchotte.

Tel était l’état d’esprit des Français ce 17 juin 1940. La France vaincue, anéantie en six semaines par la fureur implacable du Blitzkrieg allemand, mêlant Junker JU 87 Stuka aux redoutables Panzer IV.

N’avait-on pas répété, plus d’une fois que l’armée française était la meilleure au monde ? Ne s’était-on pas vanté d’avoir en très grande quantité le meilleur matériel ? Ne croyait-on pas en la fameuse ligne Maginot ? Alors, d’où vient cette défaite ? De nos soldats ? Peut-on alors mettre en doute le courage des militaires français ? NON !!! Car il y a eu durant ce que le général WEYGAND a nommé “ la Bataille de France ” des actes héroïques. Tels les Breguet 693 du 1/54 sous les ordres du commandant Plou fonçant à travers un dense barrage de Flak. En tentant d’endiguer le flot ininterrompu des camions de la Wehrmacht, le commandant Plou et d’autres héros tomberont atteints dans leur élan. Doit-on douter de notre matériel ? Oui et non, car en pleine modernisation, l’armée française n’avait pas tout son équipement. Dans certains corps, on n’avait encore celui de la dernière guerre ! Mais dans d’autres, il y avait :

- l’avion Dewoitine D520,
- les chars Somua et B1 BIS,
- le fusil MAS 36…

La véritable cause de cette défaite venait des hommes politiques incompétents et des vieux généraux se croyant encore à Verdun… Il est en effet aberrant de croire en une défense statique ; ainsi que de disperser le corps blindé en soutien d’infanterie. Il aurait fallu créer de grandes unités blindées comme le préconisait un certain colonel… de Gaulle.

Quoi qu’il en soit : la France, ce 17 juin 1940 était à genoux….

L’Appel

 

 

Et puis, il y eu un certain 18 juin 1940, où à travers les ondes de la B.B.C, un homme, traître aux yeux du gouvernement de Vichy, invita tout les Français, refusant la défaite, à se mettre en rapport avec lui. Il appelait à continuer la lutte au coté du Royaume-Uni, car “ Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas… ” Ce discours fut reprit quelques jours plus tard par une toute aussi célèbre affiche. Placardée à l’intention des Français dans tout Londres, elle fut aussi diffusée clandestinement en France. Elle scandait, cette phrase quasi mythique :

LA FRANCE A PERDU UNE BATAILLE !

MAIS LA FRANCE N’A PAS PERDU LA GUERRE !

Le ralliement

Malgré cet appel, peu d’hommes se joignirent à la France Libre. Pourquoi ? De multiples raisons sont à détailler :

a) l’appel du 18 juin a été peu ou pas entendu. Beaucoup de Français n’eurent pas (en cette sombre époque de juin 1940) vent de cette France Libre, ni même de son prophète le général de Gaulle.

b) rejoindre la Grande-Bretagne c’est aussi, aux yeux du gouvernement d’armistice, trahir son pays , déshonorer son uniforme, sa famille … (comme diront certains FAFL par la suite, le plus difficile ne fut pas de faire son devoir, mais plutôt de la dicerner !)

c) à cette époque, certains Français étaient atteints d’une maladie ancestrale du nom d’Anglophobie. En effet, certains reprochaient la faible participation des armées de sa Gracieuse Majesté dans la lutte contre l’ennemi. On se contait la terrible histoire de la “ trahison ” de Dunkerque. Ce malaise fut gravement accentué par le drame de Mers-el-Kébir. En effet, le 4 juillet, après sommations la Royal Navy ouvrit le feu sur les bâtiments français, commandés par l’amiral Gensoul. Un cuirassé, le Bretagne, fut coulé et trois autres, le Dunkerque, le Provence et le Mogador, furent gravement endommagés.

Mais, heureusement, des hommes, jeunes pour la plus part, n’attendent même pas l’Appel pour se joindre au dernier carré que forme l’Angleterre. Ces ralliements sont pour la plupart individuels, ou en petit groupe, et bien souvent impulsifs, ou réfléchis brièvement. Ces rebelles, comme on les appelle, vont vivre des aventures dignes de l’Odyssée d’Ulysse pour rallier l’Angleterre, depuis le nord de la France, ou le rocher de Gibraltar, depuis l’Algérie ou le sud de l’Hexagone.

 

 

Ce qui n’était pas sans risques :

a) En effet, en raison de l’armistice, les combattants français, désirant continuer la lutte étaient traités en tant que francs-tireurs et non en tant que soldats réguliers. Rappelés à l’ordre, et sommés de rentrer en France avant le 15 août ; ils seraient traités après cette date comme déserteurs et jugés par contumace par les tribunaux militaires (le général de GAULLE sera jugé et condamné à mort le 2 août 1940. Il est intéressant de noter qu’à la Libération un “ gratte-papier ” annotera le document officiel de la condamnation : “ Jugement annulé par Arrêt de la Cour d’Appel de Riom le 11 janvier 1945 ”).

b) De plus, vivre en Angleterre et se battre pour la France Libre, c’était aussi changé de nom. Les exploits des pilotes étant contés à la BBC (“ les Français parlent aux Français… ”) Beaucoup d’entre eux ne voulurent pas exposer leur famille aux actes de représailles. Car ces dernières auraient eu affaire aux miliciens “ vengeurs ” du gouvernement de Vichy (certains changèrent de nom car le leur était tout bonnement imprononçable en anglais !) C’est ainsi que :

- Le commandant Mouchotte se fit connaître uniquement par son prénom : “ René ”
- Max Geudj choisi celui de “ Maurice ”
- Son ami, Claude Serf prit celui de “ Georges Newman
- Le célèbre chasseur de V1, Jean Maridor, pilotait sous le nom de “ Jones HARRY ”
- Quand à Jean Demozay, il se fit nommé “ Morlaix ”….

c) En outre, en 1940, au lendemain de la défaite, la Grande-Bretagne, vivait dans la peur d’être envahie. Il fallu attendre l’heureuse issue de la “ Bataille d’Angleterre ”,où le courage de toute cette nation mit à mal l’orgueilleuse Luftwaffe, pour savoir que le Royaume Uni ne tomberait pas.

Dans le cas ou ce dernier se serait rendu, les FAFL (et tous les Français d’ailleurs !) aurait été exécutés sans autre forme de procès… Malgré ces innombrables risques de spectaculaires “ évasions ” eurent lieux :

  • Le 17 juin, 10 officiers et sous-officiers quittent Bordeaux Mérignac pour la Grande-Bretagne.
  • 15 hommes à bord d’un Farman 122 piloté par le capitaine Goumain.
  • 9 autres à bord d’un Handley Page du capitaine Ottensooser.
  • Claude Serf et Gaston Khafila, prisonniers à Romorantin, rejoignent l’Angleterre déguisés en soldat Polonais. Leur bateau, le Batory, quitta Saint-Jean-de-Luz en juin 1940.
  • Quant à Max Guedj, il signa son engagement dans les FAFL le premier octobre 1940. Auparavant, muni d’un faux passeport, il se rendit à Tanger, puis à Gibraltar.
  • Fayolle et Stourm, fuient à Gibraltar sur un Caudron Simoun, depuis leur terrain d’Oran (on peut noté qu’ils ont décollé quelques heures après René Mouchotte).
  • Des jeunes pilotes, ayant environ 30 heures de vol, ont rallié la France Libre en dérobant un Morane 230.
  • Certains, n’hésitent pas à se jeter à l’eau, sous le feu des gardes mobiles, pour monter dans des bateaux polonais en partance.
  • Dans la nuit du 29 au 30 juin, les sergents René Mouchotte, Charles Guerin (pilote et copilote), Henri Lafont, et 3 autres camarades décollent en secret du terrain d’Oran. Cette décision fut prise par le chef de cette “ expédition ” : René Mouchotte. En secret, il rampèrent jusqu’au Goéland (leur avion), et allumèrent les moteurs entre 4h30 et 5h00. Le décollage faillit leurs être fatal, des mécaniciens avaient “ consciencieusement ” sabotés leur avion. Le pas des hélices avait été mis en position “ décrochage ”… Malgré tout, Mouchotte et Guerin réussirent à arracher l’appareil de la piste algérienne. Durant le vol, ils découvrirent aussi que les jaugeurs d’essence ne “ fonctionnaient ” plus (l’aiguille tournait en continu…) Quelques heures plus tard, ils atteignirent le rocher de Gibraltar, où ils furent royalement accueillis par les soldats de sa Gracieuse Majesté et la population civile. Après s’être entretenus avec 2 officiers Français (qui leurs apprirent l’existence de la France Libre), ils rejoignirent l’Angleterre à bord d’un bateau, le Président Houduce.

D’autres, encore, se joignent au petit groupe des FAFL après 1940 (tel Pierre Clostermann...), c'est-à-dire après avoir suivi l’entraînement dans les écoles de pilotage de la RAF, Clostermann à rejoint l’Angleterre en 1940 mais est entré en service actif en 1942.

 


Dessin de Pascal Quiller

 

Au combat

Le premier juillet 1940, est créé le corps des FAFL (dont l’effectif ne dépassait pas la centaine d’hommes). Faute d’officiers supérieurs de l’aviation, le général de Gaulle nomme le vice-amiral Emile Muselier à sa tête ; ce qui lui confère deux hauts commandements (en effet, c’est lui le chef des Forces Navales Françaises Libres, les FNFL). Date aussi importante que celle du sept août 1940, où les bases juridiques de la France Libre sont posées. Le gouvernement britannique reconnaît ces combattants ainsi que la souveraineté du général de Gaulle sur cette dernière. Les Anglais, acceptent de former les pilotes dans leurs écoles, ainsi que de les équiper, des remboursements étant prévus après la guerre...

a) A l’entraînement :

Les quatorze pilotes (Pierre Blaize, Yves Briere, Henri Bouquillard, Charles Guerin, François Fayolle, François de Labouchère, Henri Lafont, Xavier de Montbron, René Mouchotte et Georges Perrin...) les plus avancés dans leur entraînement, sont envoyés se convertir sur les avions britanniques à la 1 School of Army Cooperation. Ils enchaînent alors les vols, soit sur Hawker Hector, ou sur le plus fameux avion école que possède la RAF : le Tiger Moth. Auparavant, ils passèrent par la Patriotic School, où leurs aptitudes au vol furent mises à l’épreuve ; ainsi que leur loyauté (les services secrets de sa Majesté vérifièrent tout simplement que ce n’étaient pas des espions...). Ce petit groupe, est alors envoyé à Odiham. Puis, il est répartit dans deux autres camps (Mouchotte, de Montbron et Perrin, sont envoyés à Sutton Bridge), où ils font connaissance avec le Hawker Hurricane. Passé une vingtaine de jours (du 19 août au 9 septembre), et ayant bien en main le Hurricane, le petit groupe est réparti dans différents groupes de chasse (squadron en anglais) de la Royal Air Force. Ils prennent alors part à la dernière phase de la Bataille d’Angleterre.

b) Dans la bataille :

 

          

    

- Le 19 septembre, Mouchotte et deux de ses camarades, partirent à Prestwick en Irlande du nord, au Squadron 245 au repos. Il avait activement participé à la Bataille d’Angleterre, comptait une Distinghuisehd Flying Cross (rarement décernée) et 97 victoires. Mais, de l’unité d’origine, il ne restait plus que trois pilotes !

- De Montbron fut quant à lui affecté au Squadron 64, équipé à l’époque avec des Spitfire MkI (code SH -), et basé à Kirton oin Lindsay.

- Les autres français, intégrèrent le Squadron 245 équipéde Hurricane (code DX -). Certians furent mutés au Squadron 615 (lui aussi équipé de Hurricane - Code KW -) basé à Kenley, près de Londres (qui subissait alors, d’épouvantables bombardements).

- Bouquillard vole sur Hurricane, aux environs du premier octobre, au Squadron 249 (code GN -). Ce groupe était basé à North Weald, tout aussi près de Londres que celui de Kenley. Le vingt-cinq octobre, Bouquillard est blessé par des Me 109, sans doute de version E (pour Emile), et son avion est abattu.

- René Mouchotte (depuis peu nommé adjudant), Henri Lafont et leur squadron, s’installent à Northolt le neuf octobre. Cette base se situe à très peu de kilomètres de Londres (son métro y arrive !). Se squadron remplace un autre, des Polonais, qui s’est vaillamment battu, mais qui a perdu 50% de son effectif. Les nouveaux arrivants apprennent qu’ils ne vont pas chômer, et ce n’est pas peu fier qu’ils décollent le onze octobre, protéger la fière cité de Londres. Mais pour eux, les premières missions ne seront pas couronnées de succès (Mouchotte et quelques uns de ses camarades, reprocheront le “ manque de souffle ” du Hurricane). Il est à noter, que leur Squadron 615, était patronné par Winston Churchill. De plus, l’avion que pilotait Lafont, était celui de Tony Eire (codé KW P) qui lui avait prêté.

- Au Squadron 85, basé à Martlesham Heath (code VY -), et équipé avec l’intercepteur Hawker Hurricane, sont envoyés, à compter du douze septembre, les adjudants François Fayolle et François de Labouchère. Ce Squadron est commandé par le britannique, Peter Townsend.

- Yves Brière, alors adjudant, est affecté au Squadron 257. Il vole sur Hurricane MkI (code DT -), et basé aux Orcades. Quelques temps avant Noël 1940, il reçoit une nouvelle affectation : le Squadron 615, où quelques Français l’accueillent.

- Le neuf octobre, l’adjudant Pierre Blaize, reçoit son affectation au Squadron 111 (équipé avec des Hurricane, code JU -).

- Le sous-lieutenant Maurice Choron, est quant à lui envoyé au Squadron 64 (à partir du onze octobre). Il pilotera un Spitfire (code : SH -). Et c’est lui qui le premier novembre 1940, revendique la destruction, en combat aérien, d’un Heinkel He 115, hydravion de la marine allemande (selon d’autre sources, il s’agirait d’un He 111, bombardier bimoteur). Cette victoire n’est pourtant, que probable pour la RAF.

- Le seize octobre, Philippe de Scitivaux, est intégré au Squadron 245 (code DX -).

- Le sous lieutenant Jean Demozay, est affecté au Squadron 1. Il vole, comme la plupart de ses compatriotes, sur Hawker Hurricane (code JX), et l’aérodrome est situé à Northolt (pendant la Bataille d’Angleterre).

- L’adjudant Béguin, sorti de l’école de pilotage franco-belge, ainsi qu’un séjour au 56 OTU ( Opérational Training Unit, une unité d’entraînement ), intégrera, le premier novembre, le Squadron 213, toujours équipé avec des Hurricane (code AK -)

c) Bilan de l’année 1940 :

Les Français combattants en Angleterre, furent dispersés, compte tenu de leur nombre, dans plusieurs escadrilles de la RAF. Durant la Bataille d’Angleterre, les FAFL n’eurent pas à déplorer de pertes et abattirent un appareil, cette victoire étant attribuée à Maurice Choron. Ce résultat semble normal, du fait de leur petit nombre (comparés aux Polonais), ainsi que de leur engagement tardif dans la bataille

 

         

 

L’année 1941

L’année 1941, est une année importante pour les FAFL. En effet, en janvier, au Caire, est créée, l’Escadrille de Chasse numéro 1, appelée : Groupe de Chasse numéro 1 (GC1 Alsace). Ce groupe, combattant en Afrique, est équipé avec du matériel britannique. En Angleterre, la situation est la même pour les pilotes Français. Ils sont dispersés dans les Squadrons de Sa Majesté. En ce début d’année, ils sont dix-sept répartis dans dix squadrons différents de la RAF.

- Henri Bouquillard, alors nommé sous lieutenant, enregistre, quelques temps après la Saint-Sylvestre, la première victoire officielle, en Angleterre, de la France Libre. Malheureusement, le onze mars, “ le père Bouqui”, comme ses camarades le nomme (il était le plus âgé de tous), est victime de deux Messerschmitt 109. Il sera le premier du petit groupe que forme les FAFL à tomber en mission de guerre. De ce fait, il est le premier FAFL membre du Conseil de l’Ordre de la Libération.

- Pierre Blaize, est alors désigné pour remplacé Bouquillard au Squadron 615. Cet excellent pilote, rieur par nature, connaîtra le même sort que son prédécesseur. Le quinze avril, son avion traînant derrière la formation, est attaqué par des Me 109. Parvenu à sauter en parachute et bien qu'un pilote ait repéré sa position, il ne sera pas retrouvé, probablement noyé avant l’arrivée d’un bateau de sauvetage.

- Le onze janvier, François Fayolle, alors muté au “ flight ” B du Squadon 242 à North-Weald, abat un bombardier He 111 de la Luftwaffe. A l’aide de ses Hurricane, ce Squadron se spécialise dans le mitraillage et la destruction des bateaux de la marine allemande qui croisent dans la Manche. A l’occasion, ils escortent des bombardiers Bristol Blenheim, qui reçoivent la tâche de détruire les convois et de raser les installations portuaires ennemies situées entre la France et la Belgique. Ce travail ingrat coûtera cher aux escadres de bombardement et au Squadron 242. Parfois, il fait des sortis en territoire ennemi (des sweeps), en l’occurrence en France ! Ces sweeps, sont très dangereux pour les chasseurs français car, s'ils sont abattus, ils savaient qu'ils seraient té impitoyablement massacrés par la Milice. Au mois de juillet, le Squadron 242 avec lequel vole toujours Fayolle est envoyé à Manston. Peu de temps après, il est envoyé au repos. François Fayolle haïssant (comme la plupart des pilotes de chasse) l’inactivité, il demande son transfert au Squadron 611 équipé de Spitfire, et commandé par Johnny London.

- Charles Guerin et René Mouchotte, fin mai, sont mutés à Valley, zone quasi-désertique, et doivent à contrecœur abandonner leur Hurricane Mk II flambant neuf, contre l’antique Mk I. On leur attribue alors comme mission de défendre des convois qui assurent l'approvisionnement de l'Angleterre plus isolée que jamais. Le trois mai, Mouchotte et Guerin décollent en vu d’une protection rapprochée, mais ce jour là est funeste pour Charles Guerin qui, victime d’une fuite de glycol, s'écrase en mer à cinquante milles des côtes. René Mouchotte est très affecté par cette disparition. Il notera dans ses carnets :

C’est arrivé samedi à 3h45 et maintenant que quelques jours ont passé, il m’est possible de raconter cette effroyable catastrophe qui a coûté la vie à mon meilleur ami, mon frère Charles Guérin

- Le treize mai, dans les mêmes conditions que Charles Guerin, Yves Brière trouve la mort. Ce même jour, Mouchotte manque lui aussi de disparaître car s’il avait volé dix minutes de plus il aurait vraissemblablement rejoint ses amis disparus. Le vingt-sept juillet, une enquête est ouverte pour déterminer la cause de ces catastrophes (des pilotes anglais en furent, eux aussi, victimes entre temps). On découvre alors avec stupeur qu’il y avait de l’acide dans le glycol, rongeant le moteur et provoquant ainsi ces accidents et ces disparitions. Plus grave encore, on apprend qu’il s’agissait d’un acte de sabotage : tant de pilotes tombés pour rien !

- Perrin, après sa convalescence, (il avait été blessé au combat, le douze octobre 1940), est affecté au fameux Squadron 615. Mais le sort semble s’acharner contre lui. Le vingt-six février, il est abattu en combat aérien. Pour des raisons de santé, on l’interdit de vol, et il est purement et simplement retiré des opérations.

- Quant à Henri Lafont, après un tour d’opération au Squadron 615, se voit affecté, en juin, à la formation des futurs FAFL qui sortent tout droit des écoles de pilotage de la RAF.

- Le dix juillet, le général Martial Valin remplace l’amiral Muselierà la tête des FAFL. Il découvre alors la triste situation de ses troupes. Valin, voudrait créer des unités entièrement françaises, comme c’est le cas pour les Polonais ou les Tchèques, par exemple. Le 7 novembre 1941, date historique pour les chasseurs français de Grande-Bretagne, les souhaits du général Valin, ainsi que ceux de ses pilotes, se réalisent à Turnhouse. Le premier groupe français se constitue. Nommé “Ile-de-France”, il portera la désignation de Squadron 340 pour le GQG de la RAF. Maurice Choron, François Fayolle, François de Labouchère, René Mouchotte ainsi que des pilotes fraîchement sortis des écoles de la Royal Air Force y sont alors regroupés. Il sera équipé avec le Spitfire MkV, dernier né des chasseurs de Supermarine. Sur le fuselage de cet appareil sera apposé le blason à la croix de Lorraine (souvent près du cockpit ou au dessous des échappements, des deux cotés du fuselage), ainsi que le code GW. Le capitaine Philippe de Scitivaux, commandera le "A flight" du Squadron, tandis que le capitaine Bernard Dupérier prendra la tête du "B flight". Sur le Spitfire V de Dupérier est dessiné un Donald, cadeau de Walt Disney, comme insigne personnel. Son appareil sera codé GW S. Les premières missions du Squadron 340 / “Ile-de-France” sont destinées à parfaire la formation des pilotes à l’art du combat aérien, ainsi qu’aux vols en formation serrée. Ce squadron a été créé en temps qu’escadrille de chasse Air / Marine, puisqu'elle est composée de personnel en provenance de l’armée de l’air (pilotes, mécaniciens...) et de la marine (notamment les mécaniciens). Ce mélange inhabituel est imposé par le manque cruel de personnel qualifié au sein des FAFL.

Bilan de l’année 1941 :

L’année 1941 a débuté comme celle de 1940. Les FAFL se battent séparément dans les escadrilles de la RAF. Si leur influence au combat ne se fait pas encore sentir, cette présence française au sein de la RAF joue un rôle essentiel en permettant à tous ceux qui ont décidé de poursuivre la luette de retrouver l'honneur perdu en 1940, aux cotés des Alliés en nombre croissant (les Américains entrant alors en guerre...). C’est aussi durant cette année que les premières victoires aériennes des pilotes Français sont homologuées. Mais cette année 1941 voit aussi la disparition des premiers pilotes de chasse au combat, Bouquillard, Guerin., des noms qui vont progressivement allonger la longue liste des aviateurs tombés au combat. Enfin, la première escadrille de “Free French Fighters” est mise sur pied et se bat au Moyen Orient où elle participe aux combats contre l'Afrika Korps de Rommel.

 

    

 

L’année 1942

Cette année, voit véritablement l’engagement des FAFL, au sein du Groupe de Chasse “Ile-de-France”, ainsi que leurs premiers grandes batailles. Elle fut aussi pleine d’espoirs. Nombreux étaient ceux qui croyaient au débarquement de Dieppe, mais aussi pleine de tristesse avec la disparition de bon nomnre des premiers arrivants...

- Le Squadron 340 “Ile-de-France” est envoyé à Ayr, en Ecosse, pour poursuivre son entraînement. Le 12 février, devant de Gaulle, Valin, l’Air Marshall de la RAF et les équipes cinématographiques, douze chasseurs Spitfire MkV effectuent une démonstration aérienne qui se conclue sur une impeccable formation imitant la croix de Lorraine ! Cette figure symbolise en quelque sorte la renaissance de l’aviation française.

- Ce même jour, Jean Maridor, est affecté au Squadron 91, le “ Nigeria ”, (code DL -). Auparavant, Jean Maridor avait servi au Sq 340 / “Ile-de-France”. Ce Squadron se spécialisera dans l’attaque des convois, des bateaux allemands, ainsi que dans l’escorte de bombardiers, chargés de torpilles. Durant ces attaques, Maridor, et d’autres se font sévèrement toucher par la Flak, et sont contraints plusieurs fois à des atterrissages forcés... Le 29 mars, Jean Maridor est blessé lors d’un mitraillage d’un bateau, et réussit, tant bien que mal , à rejoindre l’Angleterre.

- Grâce aux relations de Maurice Choron, qui connaissait avant la guerre le Wing Commander Michael Robinson, le Squadron 340 / “Ile-de-France” est affecté à Tangmère, où l’action ne manque pas. Le 10 avril, date de la première sortie opérationnelle du Squadron, voit aussi un des jours les plus funestes de ce dernier. En opération au dessus de la France, et commandé exceptionnellement par le Wing Commander Robinson en personne, le squadron est accroché par l’ennemi. Comble de malchance, aux Me 109, s’ajoute le tout nouveau Fw190, supérieur au Spitfire MkV (dont la mise en serice datait déjà d'un an). C’est une surprise totale pour les pilotes Français, ainsi que pour la RAF. Il s’engage alors une gigantesque bataille aérienne, épouvantable, où les Fw190 sont les rois. Lors de cet affrontement, son premier, le Squadron perdra ses meilleurs éléments, les deux amis, Choron et Robinson seront abattus, et Philippe de Scitivaux sera fait prisonnier. René Mouchotte, ayant pris part à cette bataille, écrira le soir dans ses carnets : “ Les avions rentrent un à un, moins trois Robinson, De Scitivaux, Choron manquent à l’appel, trois des meilleurs chasseurs du moment... ” . Bernard Dupérier sera nommé à la tête du squadron, et René Mouchotte et François Fayolle commanderont les deux flight

- Remis de ce cuisant échec, le Squadron 340 / “Ile-de-France” poursuivra les sweeps sur la France. Une de ses missions sera d’escorter les bombardiers, tant ceux de la RAF que ceux de l’USAAF. C’est lors de ce “ job ” que le squadron obtiendra quelques victoires. Mais, durant cette période, le mauvais temps est aussi souvent à l'origine de l'annulation des missions. Une autre des missions sera le mitraillage d’objectifs potentiels ennemis, au sol (camions, chars, concentration de troupes, bâtiments...). Dans le jargon de la RAF, ces missions sont appelées : “ mass rhubarb ”. Le squadron sera engagé jusqu'à juillet, date à laquelle, il sera envoyé au repos (le 18 juillet). Puis, le 29 juillet, on l’enverra à Hornchurch.

- Le premier août, François Fayolle, se voit nommé commandant et prend la tête d'une unité de chasseur bombardier, le Squadron 174. Il volera désormais sur Hurri-Bomber, le Hurricane équipé pour l’occasion de bombes et de 4 canons de 20mm. L'unité est spécialisée dans l’attaque au sol. Initialement, c’est René Mouchotte qui devait prendre le commandement du Squadron 174, mais celui-ci, ayant appris qu’il volerait sur Hurricane, préféra décliner cette offre. René Mouchotte avait encore en mémoire que le Hurricane avait provoqué la mort de son meilleur ami, Charles Guerin.

- Le 19 août marque une date importante pour les Alliés, c’est le débarquement de Dieppe. Cette opération portera le nom de “Jubilée”. L’aviation britannique devait soutenir les 5000 Canadiens, 1100 Anglais, quelques Américains et Français. Naturellement le Groupe de Chasse 340 / “Ile-de-France” fut de la bataille. Le Groupe décolleà 4 h 30 du matin, pour patrouiller au-dessus de la plage et détruire les appareils ennemis qui se présenteraient à lui. Les Français sont alors pris dans un engagement aérien. Ils ne déplorent aucune perte et ne remportent aucune victoire en retour. Ils effectueront quatre sorties tout au long de la journée, la dernière aura pour but de protéger le rembarquement. A l’heure des comptes, la RAF déplora une centaine de pertes, tout comme la Luftwaffe. Le Squadron 340 / “Ile-de-France” pour sa part perdra deux appareils, le Sergent Halna du Fretay étant tué. Cinq hommes du Squadron 174, ne reviendront pas, parmi eux, le commandant Fayolle. Il trouvera la mort, en pleine passe de mitraillage, atteint par une Flak, toujours plus dense. Il laissera derrière lui sa jeune épouse (il s’était marié le 3 juillet 1941), ainsi que sa fille de 3 mois...

- Le premier septembre, René Mouchotte est nommé commandant du Squadron 65. Son Squadron est, à son désespoir, envoyé dans le nord, en Ecosse. Celui-ci fut le premier choisi pour tenter des atterrissages, avec Spitfire, sur porte-avions. Il s’entraîne avec acharnement pendant plus d’un mois, de décembre 1942 à janvier 1943, date à laquelle, il est opérationnel, avant d'être finalement affecté au Squadron 341 / "Alsace", jusque là stationné au Moyen-Orient et depuis peu revenu en Angleterre pour y être reformé.

- Le 6 septembre, René Mouchotte apprend par Bernard Dupérier, que la section qu’il commandait quand il était au Squadron 340, venait de se faire décimer par une cinquantaine de Fw190. Cette nouvelle l’attrista, d’autant plus que deux de ses amis, François De Labouchère et Dubourgel font partie des victimes.

- Afin de palier à la supériorité des Fw190, aux environs du 20 septembre, le Squadron 340 / "Ile-de-France” reçoit ses premiers Spitfire Mk IX, un avion devenu mythique aux yeux de tous les passionnés et une monture de premier choix pour tous ceux qui eurent la chance de le conduire au combat. Désormais, grâce à cet appareil, les FAFL peuvent se battre à jeu égal avec les Fw190.

Bilan de l’année 1942 :

Cette année vit l’engagement massif des FAFL, nombreux d’entre eux tombèrent en combat aérien, où victimes de la DCA allemande, la Flak, toujours plus intense. Par leur bravoure, leur ténacité et leur courage, les “ Free French Fighters ” gagnèrent la confiance, et l’estime des Anglais. A tel point qu’on donna le commandement de squadron de la RAF à des pilotes Français aguerris par toutes les formes de combat aérien possible.

 

             

 

L’année 1943

En fin 1942, le Groupe de Chasse “Alsace", qui s’était distingué sur Hurricane au Moyen Orient, est rapatrié en Angleterre. Le commandant René Mouchotte apprend sa nomination, le 9 janvier, à la tête de ce groupe. Son premier travail, en tant que commandant, sera de former ce squadron. Pour cela, on regroupe la fine fleur de l’aviation française, ainsi que des pilotes sortants des OTU. Cette unité portera le numéro Squadron 341 pour le commandement de la RAF. Elle est équipée avec le dernier modèle du Spitfire, le Mk IXa, et porte sur le fuselage le code NL -. Petit à petit, sur la base de Turnhouse, les pilotes arrivent des quatre coins de l’Angleterre, il y aura entre autres, Christian Martell, Henri Lafont, Michel Boudier et l’étoile montante de la chasse française, Pierre Clostermann. Ce dernier, fort impressionné par René Mouchotte écrira le soir dans ses carnets :

C’est le commandant Mouchotte, un des premiers de la France Libre, qui sera notre chef. Grand, mince, brun, un regard perçant, une voix sèche qui n’admet pas la réplique, puis un sourire amical qui réchauffe. Le genre d’homme avec qui on se fait tuer sans discuter, presque avec plaisir. »

Le Squadron commence ses vols le premier février, il s’exerce alors au tir, aux formations de combat, aux engagements aériens, répète des alertes... Malheureusement, ces entraînements sont endeuillés par des catastrophes, souvent mortelles. Guillou De Mezillis (qui pilotait avec un bras artificiel après que celui-ci ait été amputé au Moyen Orient après un combat aérien) périt alors que les plans de son Spitfire se sont repliés lors d’un piqué. Ce qui n’empêche pas le Squadron d’être déclaré opérationnel le 18 avril, et d’être envoyé dans la prestigieuse base de Biggin Hill. Le Wing Commander n’est autre que “ Sailor ” Malan, héros de la Bataille d’Angleterre. Son second est le Wing Commander Alan Deere, un autre grand As. Le Squadron 341 / “Alsace” remplace le Squadron 340 / "Ile de France", qui s’est bien battu et part à son tour au repos à Turnhouse. Plus les jours passent et plus les heures de vol s’accumulent, permettant à l'Alsace de se préparer à la mission qui va lui être dévolue, la protection rapprochée des B24 Liberator et atres B17 Fortress de l’USAAF qui s’enfonçent désormais au cœur du pays occupé par l’ennemi. Lors de ces missions, nombreux seront les accrochages avec la chasse adverse, équipée alors de Me 109G et de Fw190A6 qui sont de redoutables adversaires.

Le 14 mai, à l’issue d’un combat aérien, le capitaine Christian Martell remporte la première victoire officielle du groupe. Puis, le 15 mai, après un décollage à 4h00, “l’Alsace”, ainsi que le Squadron 611, sont pris dans un intense combat à 22.000 pieds. Le leader du Squadron 611, le Squadron Leader Charles, abat le 999ème avion homologué par Biggin Hill ainsi que le 1001ème. C’est au commandant Mouchotte que revient finalement l’honneur de descendre le 1000ème appareil. Une belle revanche pour les FAFL ! Une prime étant prévue pour cette occasion, René Mouchotte tiendra à la partager avec Charles. La rançon du succès oblige, ils se verront, quelques jours plus tard mitraillés par les photographes de la presse britannique, ainsi que par les caméras de la BBC, devant lesquelles ils durent répéter inlassablement : “ Oui partageons-le (le millième). Je pense que ce sera chic. ”. Le 9 juin, le Squadron 341 / “Alsace” reçoit le modèle amélioré du Spitfire Mk IX, le modèle B. Les pilotes sont tous enthousiasmés par les capacités de leur nouvelle monture, d’autant plus qu’ils sont les premiers du Fighter Command à les toucher. Le 27 juillet, à l’issue d’un “dogfight" (combat aérien sans formation d’assaut - aussi appelé combat à la Guynemer), “l’Alsace” abat 9 appareils ennemis, contre zéro perte. Lors de cette bataille, Christian Martell descend l’as allemand von Graff, surnommé Donal Duck (il avait, paraît-il, la tête de ce dernier quand il se fâchait...). Pierre Clostermann réalise un doublé : il a abattu deux avions au cours de sa première mission ! René Mouchotte, écrira sur lui :

“L’un de mes jeunes, Clostermmann qui devrait aller loin, en a eu deux à lui seul”

En juillet, un événement important se produit avec la démission du général Valin qui , ayant rempli sa mission se voit remplacé par le général Bouscat. Grâce à la libération de l’Afrique, les FAFL, et l’armée de l’air fusionnent, C’est la fin officielle des “Free French Fighters”

La fin légendaire, se produit le 27 août 1943, quand le Squadron 341 / “Alsace” est au prise avec 200 appareils allemand, 200 contre 24 ! S’engage alors un gigantesque “dogfight ” au cours duquel chacun se bat pour sauver sa vie, le commandant René Mouchotte, isolé et au prise avec des appareils Allemands, disparaîtra lors de ce combat. Ses derniers mots seront : “ I am alone !...Pierre Clostermann notera dans ses mémoires : “ Commandant Mouchotte, Croix de Guerre, Compagnon de la Libération, D.F.C... ”

La mort de René Mouchotte marque la fin d'une époque pour tous les FAFL qui plus nombreux que jamais, continuent à sa battre en Europe mais aussi sur le front de l'Est au sein du Groupe de Chasse Normandie qui deviendra bientôt le célèbre "Normandie-Niemen". René Mouchotte aura été parmi les premiers à se battre en tant que Français Libre, rejoignant ce jour la longue liste des pilote FAFL mort au combat.

BILAN

Les pilotes Français Libres furent les premiers combattants de de Gaulle. Dans tous les domaines de l’aviation militaire, ils s’illustrèrent, dans le bombardement (avec le Groupe de Bombardement Lorraine), dans le Coastal Command avec des pilotes comme Max Guedj, Claude Serf, qui s'illustreront sur Mosquito et dans la chasse avec René Mouchotte bien sur mais aussi Henry Lafont, Pierre Clostermann, Christian Martel, Michel Boudier, François Fayolle, Philippe de Scitivaux, Maurice Choron, Jean Maridor et bien d’autres...

En 1940, il y avait 287 FAFL. Jusqu’en 1942, 132 perdont la vie alors que 74 autres périront avant la fin de la guerre. Ceci représente un pourcentage de 70% de pertes par rapport à l'effectif initial. Aucune autre unité alliée n’aura subit de tels dommages... A défaut d’avoir provoqué autant de destructions que les Squadrons britanniques bien plus nombreux, les FAFL ont avant tout rendu son prestige et son honneur à la France. Jamais elle ne doit oublier ce que ces hommes ont fait pour elle...

 

 

SOURCES

Les carnets de René MOUCHOTTE

Le Grand Cirque et Feux du Ciel de Pierre CLOSTERMANN

Hors série Wing Masters n°3, “ L’aviation française au combat ”

Hors série Wing Masters n°4, “ La Bataille d’Angleterre ”

Hors série FlyPast , “ Battle of Britain ”

Air Actualités, n°473, juin 1994 “ Les ailes françaises de la libération ”

Les Forces Aériennes Françaises Libres, tome 2 1940/1942, collection Icare

Historama spécial “ la Bataille d’Angleterre ”, n°15, 1990

Livret britannique “ Autant de noms qui sonnent comme des noms de victoires ”

 

  

Texte original de Pierre Testard - disponible sur : http://freefrenchfighters.wifeo.com/index.php

 

 

 

 

 

 

 


Cieldegloire.com