SCHEIDHAUER Bernard
SCHEIDHAUER Bernard

 

 

 


Né le 18 août 1921 à Landau (Allemagne)
Prisonnier le 18 novembre 1942
Assassiné par la Gestapo le 30 mars 1944 (23 ans)

 

 

Sous-Lieutenant

Aucune victoire homologuée





Grade Date
Unités
Arrivée Départ Fonction Secteur
Slt
10/42
 
RAF - OTU 11/40 21/06/42 Elève Pilote Grande Bretagne
     
Sq 242 21/06/42 10/42 Pilote Grande Bretagne
     
Sq 131 10/42 18/11/42 Pilote Grande Bretagne

Au moment de l'armistice, Bernard Scheidhauer prépare son examen d'entrée à l'École de l'air. Quand les Allemands approchent de Paris, son père, le colonel Scheidhauer, lui conseille de se rendre en Grande-Bretagne. Il réussit à embarquer sur un remorqueur qui, au lieu de le conduire en Angleterre, le dépose à Bayonne. À Saint-Jean-de-Luz, il essaie en vain d'embarquer sur un bateau évacuant des troupes polonaises. Déçu, il rentre à Brest et continue ses recherches. Le 20 octobre 1940, avec quatre camarades et trois diplomates, il réussit à embarquer sur un petit chalutier, qui subit de gros problèmes de navigation dans la brume et dans la tempête. C'est dans un état de grande fatigue qu'ils sont recueillis par un cargo anglais, qui les débarque à Helport le 31 octobre 1940.

Encore très épuisé par la traversée, il signe son acte d'engagement dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) le 5 novembre 1940, comme candidat élève pilote. Alors qu'il se voit déjà aux commandes d'un avion, sa déception est grande quand il apprend qu'il est affecté sur le Courbet, au mouillage à Portsmouth, comme servant d'une pièce de DCA. Avec véhémence, il montre sa déception et, devant son insistance, est muté au camp de Camberley. Il est ensuite admis comme élève pilote et suit le cycle d'entraînement des pilotes la RAF : Elementary Flying Training School 6 de Sywell en août 1941, Flying Training School 5 de Ternhill en octobre. Breveté pilote en avril 1942, par la Operational Training Unit 52 d'Aston Down avant de rejoindre, le 21 juin, le Squadron 242 à Drem, en Écosse. Il participe à l'opération de Dieppe, le 19 août 1942. Quand le Squadron 242 part pour Malte, Scheidhauer est muté au Squadron 131 à Malling, avec le grade de sous-lieutenant.

Le 18 novembre 1942, comme équipier du sous-lieutenant Henri de Bordas, le sous-lieutenant Scheidhauer effectue une mission d'attaque à basse altitude (opération Rhubarb), le long de la voie ferrée Bayeux-Cherbourg : les deux pilotes attaquent des locomotives et prennent le chemin du retour. Dans les environs de Jersey, Bordas s'aperçoit que son équipier a quitté la formation et l'appelle à la radio, sans obtenir de réponse. II effectue alors plusieurs virages pour essayer de le retrouver, en vain. Ayant juste assez de carburant pour rentrer, il ne peut s'attarder et met le cap sur sa base. Après l'atterrissage, il apprend que Scheidhauer a eu des ennuis mécaniques et qu'il a effectué un atterrissage forcé sur l'île de Jersey (îles anglo-normandes), occupée par les Allemands.

Après son atterrissage forcé sur l'île anglo-normande de Jersey, il est aussitôt capturé par les Allemands puis transféré au Stalag Luft III, au camp de Sagan, en Silésie (Pologne). Là, il participe activement à la construction de tunnels (La Grande Evasion), l'évasion étant non seulement un droit mais un devoir pour un prisonnier. Pour récompenser son rôle pendant la construction du tunnel Harry, commencé au mois de mai 1943 et qui doit conduire à l'évasion du 24 mars 1944, Scheidhauer est choisi pour faire partie de cette tentative, qui, hélas, se termine dramatiquement.

Le colonel Henri de Rancourt, attaché de l'Air près l'ambassade de France à Londres transmet le 4 juillet 1947, à l'État-major de l'armée de l'air à Paris, les informations suivantes, fournies par l'état-major de la RAF, concernant cette évasion :

« Le Squadron Leader Bushell et le lieutenant Scheidhauer furent parmis premiers à s'échapper par le tunnel. Ils voyagèrent par voie ferrée, se faisant passer pour des ouvriers français. Ils se firent arrêter dans la gare de Sarrebruck, probablement le 27 mars 1944. Interrogés, probablement sans être maltraités, ils furent internés à la "lehrgensflur " sous la surveillance de la Kriminalpolizei (Kripo). Le 30 mars 1944, ils furent transférés à la Gestapo et il semble qu'on les prévint de leur départ pour Berlin. Ce transfert s'effectua par automobile d'abord, de la prison à un autre bâtiment où ils ne restèrent que très peu de temps, sans toutefois descendre de la voiture. Deux membres de la Gestapo prirent place dans l'automobile, l'officie Kripo ayant quitté la voiture. L'un des deux membres de la Gestapo, un lieutenant-colonel, était le chef de la Gestapo de Sarrebruck, le sous-lieutenant appartenait au même service Ils étaient en uniforme et la voiture était conduite par un membre de la Gestapo en civil. L'identité de ces trois individus nous est connue et le chauffeur actuellement entre nos mains. La voiture fut conduite à quelque distance dans la campagne et garée au bord de la route.

Le Squadron Leader Bushell et le lieutenant Scheidhauer furent autorisés à descendre de voiture, pour satisfaire des besoins naturels. Ils s'éloignèrent quelques pas et furent, à ce moment fusillés par les deux officiers de la Gestapo sans avertissement, alors qu'ils avaient le dos tourné. Deux coups seulement furent tirés par les deux officiers qui s'étaient servis de leurs armes personnelles. La mort fut sans aucun doute instantanée, dans les deux cas, Les deux corps furent alors emportés au four crématoire de Sarrebruck où ils furent incinérés le 1er avril 1944. Les urnes contenant les cendres des deux aviateurs alliés furent, ensuite, envoyés au Stalag Luft III à Sagan, où le Squadron Leader Bushell et le sous-lieutenant Scheidhauer furent officiellement déclarés par les autorités allemandes, comme ayant été fusillés alors qu'ils essayaient de s'évader ».

En mai 1949, un document du N° 4 Missing Research & Inquiry Unit RAF donnait les noms des 17 inculpés allemands impliqués dans l'assassinat des aviateurs alliés échappés ; parmi eux, les deux officiers de la Gestapo impliqués dans le meurtre de Bernard Scheidhauer: E.S., condamné à la peine de mort, et WB., condamné à la prison à vie.






Chevalier de la Légion d'Honneur
Croix de Guerre 1939-45 avec Palme de Bronze
Médaille de la Résistance
 


 





Victoires aériennes

Victoires  
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  Collaboration
Probables  
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  Collaboration
Non confirmées  
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Endommagés  
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  Collaboration
Bombes volantes  
0
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  Collaboration

Objectifs terrestres
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Avions détruits au sol  
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  Endommagés au sol
Blindés  
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  Véhicules
Locomotives  
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  Bateaux

VICTOIRES
Date Heure Revendic Type Unité Avion d'arme Unité Lieu   Référence
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Sources



Aviateurs de la Liberté - Mémorial des Forces Aériennes Françaises Libres - Colonel Henry LAFONT




 

 

 

 

 

 


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